Ballade derrière la lean… d’horizon.

« Hey, Joe, je viens de voir ton reverse pitch. Pour éviter de te faire corneriser, mieux vaudrait pivoter et faire bosser tes stakeholders sur ton business canvas pour clarifier ta stratégie de scale. »

Chaque univers a son jargon. Celui de l’innovation et des start up en vaut bien un autre. Pour avoir baigné dedans et en être en partie sorti, j’en mesure bien la limite et d’une certaine façon la suffisance ! Mais je tenais quand même à profiter du confinement (pardon, du lock down) pour revisiter un certain nombre de méthodologies d’inspiration américaine (pour caricaturer !) qui permettent a minima de questionner ma pratique dans l’appui au développement d’une part, dans l’entrepreneuriat social d’autre part.

Je parlerai un peu plus tard, quand je l’aurai exploré plus profondément, les méthodos très intéressantes proposées par l’excellent incubateur The Family. A travers anyonecanscale, la proposition est de mettre à disposition de « petits » entrepreneurs, pas forcément « technos », des outils du monde de la start up pour optimiser leur conquête commerciale, leur montée en gamme, leur « scale ». De plus en plus de réseaux d’accompagnement se sont enfin débarassés du lourdingue business plan pour privilégier le business canvas mais trop souvent sans l’utiliser comme d’un outil support à des démarches agiles, itératives. J’arrête là, j’y reviendrai plus tard.

Je parle dans ce post de deux approches que j’ai particulièrement creusé : le « Market System Development » au travers d’un MOOC du cabinet anglais Dev Learn et le « Lean Impact » à partir de la lecture du bon bouquin de Ann Mei Chang et de son TED (à écouter ici).

Continuer la lecture de « Ballade derrière la lean… d’horizon. »

Nourritures intelligentes

Il y a des jours où je regrette que la brillante chercheuse en CIFRE dans l’incubateur « Smart Food » de Paris&co se trouve être aussi ma fille, parce que certains douteront peut être que je relaie ce passionnant post qu’elle a co-rédigé exclusivement pour sa qualité d’analyse des « r »évolutions en cours dans les chaînes de valeurs de l’alimentation et dans les pistes que certaines et certains explorent.

Découverte au passage de l’intéressant modèle de Vépluche, qui combine livraisons de legumes frais à domicile et collecte des biodéchets.

https://smartfood.parisandco.paris/A-la-une/Tendances-Food-Innovation/Crise-sanitaire-R-evolution-chez-les-petites-entreprises-et-associations-de-la-chaine-alimentaire

Déchet, ton univers impitoyable…

Le papier de Charlez Dauzet sur son expérience d’entrepreneur dans l’économie circulaire fait un gros buzz en ce moment. https://www.linkedin.com/pulse/la-désillusion-dune-start-up-de-léconomie-circulaire-charles-dauzet/

C’est très intéressant et ça vient éclairer en quoi il n’est pas si facile de concilier environnement et économie. Mais en quoi c’est indispensable.

J’en profite pour annoncer que nous avons lancé nos premiers tests de collecte des biodéchets en Mayenne. Ce projet est porté par Alteravenir, une entreprise d’insertion qui construit patiemment, depuis des années, son modèle, qu’il fait reposer sur 3 sources de création de valeur : la création d’emploi d’insertion, l’impact environnemental et la rentabilité économique. Un modèle de développement frugal et intelligent.

Je copie ci dessous mon commentaire au papier de Charles Dauzet qui résume ma pensée sur ce sujet !

Continuer la lecture de « Déchet, ton univers impitoyable… »

Prêts pour le monde d’après ?

J’ai longtemps résisté. Me disant qu’il y avait déjà une sur-saturation des réseaux sociaux, des écrans, des journaux, autour du confinement et du monde d’après ; que beaucoup de gens beaucoup plus intelligents projettaient leur vision. Et puis voilà, au bout de 7 semaines, je n’y tiens plus et je ressens le besoin de coucher quelques idées noires sur blanc. Rien de très révolutionnaire. J’évite les constats dramatiques ou « apocalyptiques » car je ne les vis pas, n’y crois pas et qu’ils sont déjà bien disséqués dans de nombreux textes. J’évite aussi un trop grand optimisme car il serait un peu illusoire de penser que tout va changer dans « le monde d’après » (et d’un côté tant mieux car il y a pas mal de trucs qui me plaisent bien dans le « monde d’avant »). Je me borne donc à quelques constats simples sur ce que cette crise révèle, de mon humble point de vue.

Continuer la lecture de « Prêts pour le monde d’après ? »

Prêt d’honneur et micro finance, un essai de discussion (2)

Je poursuis mon voyage en terre de prêt d’honneur en Afrique et remercie Martin, guerrier de l’appui aux PME et au développement économique, pour le très bon jeu de mot du titre de ce post.

Après un point dans le post précédent sur les modèles économiques respectifs de la microfinance et du prêt d’honneur, un début d’exploration maintenant sur l’approche du risque et de sa couverture.

Un petit mot en préambule. De la même manière que le rugby est qualifié par certains de sport de brute joué par des gentlemen il serait tentant de dire que le prêt d’honneur est un outil de « financiers » pratiqué par des « développeurs économiques » ou des « animateurs territoriaux ». C’est important de bien avoir en tête cette « précaution » et de lire ma comparaison entre les modèles « microfinance » et « prêt d’honneur » plutôt comme l’occasion d’éclairer l’un par l’autre, de chercher les complémentarités que comme une évaluation de l’outil le plus efficace ou ayant le plus grand impact.

L’analyse du risque, donc. D’une certaine manière, le coeur du métier pour n’importe quelle structure investissant du temps et/ou de l’argent à accompagner des entrepreneurs qui, par définition, ont vocation à dépenser avant de gagner, à introduire quelque chose de nouveau sur leur territoire.

Continuer la lecture de « Prêt d’honneur et micro finance, un essai de discussion (2) »

Prêts d’honneur et microfinance, un essai de discussion (1)

Cela fait bien longtemps que je n’avais pas pris la plume. Mon dernier post traitait d’un rapport sur le prêt d’honneur en Afrique. Je voudrais poursuivre ici la discussion et la réflexion sur ce qu’est le prêt d’honneur et sur ce qui le distingue des institutions de microfinance.

Pour précision méthodologique, les éléments que j’apporte ci dessous n’engagent bien évidemment que moi. Ils sont issus de ma pratique du prêt d’honneur au sein de Initiative France, depuis mes premiers pas avec Pierre en Ile de France, plus récemment en Mayenne, en Pays de la Loire et à l’international ; des observations que j’ai pu conduire au cours de mes missions en Côte d’Ivoire, d’une évaluation au Liban d’un mécanisme de financement innovant porté par des institutions de micro finance et enfin des entretiens et échanges menés dans le cadre de l’Observatoire du Prêt d’Honneur en Afrique. Je m’appuie également sur quelques bons bouquins de référence sur la microfinance, en particulier celui de Christine Poursat&co (un peu ancien, la dernière édition date de 2009) et les vastes ressources disponibles sur le site de l’AFD (notamment le très complet « nouveau manuel de la microfinance ») et de lamicrofinance.org.

Je considère ce premier post comme une ouverture à la discussion avec tous les professionnels et les amateurs que ce sujet passionne !

Côté prêt d’honneur, je pars d’une hypothèse. Celle que les conditions « techniques » du prêt d’honneur (prêt personnel, sans intérêt et sans garantie je le rappelle) entraînent une pratique et une posture financière innovante et originale. Un modèle pas forcément meilleur, mais différent.

Continuer la lecture de « Prêts d’honneur et microfinance, un essai de discussion (1) »

OPHA, au trot, au galop…

Dans le monde merveilleux des acronymes, OPHA veut dire « Observatoire des Prêts d’Honneur en Afrique », composé de la fine fleur des professionnels qui réfléchissent à la manière dont le prêt d’honneur (un prêt personnel sans intérêt et sans garantie pour vous la faire courte) a vocation a changer le monde.

Le susdit OPHA m’a très gentiment proposé de conduire une étude d’observation visant à repérer les pratiques de prêt d’honneur en Afrique. A lire sur http://www.initiative-france.fr/multimedia/2019_12_04_oph.pdf

Pour les vrais passionnés, je suis disponible pour échanger, et quelques ressources sont disponibles :

* les entretiens avec les fonds 

* les entretiens avec les bailleurs et têtes de réseau 

* la carte des fonds de prêt d’honneur actifs en Afrique

Prêt d’honneur en Côte d’Ivoire

L’une des missions qui m’occupe le plus est l’assistance technique (comme on dit) à la création de fonds de prêt d’honneur avec Initiative France dans 3 villes de Côte d’Ivoire (Abobo, San Pedro et Bouake).

L’une des particularités de l’assistance proposée par Initiative France est la mise en relation de plate formes françaises avec leurs homologues africaines.

Ici, ce sont les 3 animateurs et le coordonateur du réseau ivoirien qui passaient une semaine dans l’excellente plate forme de Marc et Eric à Nice. Les valeurs de ce réseau sont anciennes et puissantes, c’est étonnant de voir comme elles « transpirent » au delà des continents et des cultures.

Ici comme en Algérie ou en Inde, ça me fait toujours beaucoup d’émotion de me rendre compte qu’on a des collègues ! Kinda, Cheick, Armand et Alex en l’occurence, que je revois une semaine par mois et avec qui se construit un nouveau réseau d’appui territorial aux petits entrepreneurs ivoiriens. Good luck !

Un bon financier vert, c’est un financier vert mort, parce qu’on peut le composter…

A lire en écoutant le très bon podcast du caustique Guillaume Meurice, qui vient titiller la complexité de relier finance et développement durable sur.

Cyrille, le dynamique animateur du master d’entrepreneuria social à l’ESSCA (l’école de Commerde de Angers) qui a aussi été un « compatriote » à Pondicherry il y a une dizaine d’années, m’a donné l’occasion d’essayer de transmettre, en anglais, à 30 étudiants venus du monde entier, des idées sur la finance sociale et de montrer que malgré tout, on peut chercher à combiner impact et retour sur investissement !

Pas facile, mais l’occasion d’essayer de formaliser quelques notions, que je propose dans deux documents, l’un tourné vers la demande et l’autre vers l’offre. A télécharger ici et là.

ESSCA Social Finance 1

ESSCA Social Finance 2

 

Organique… ta mère

Une petite carte postale de la place des Martyrs à Beyrouth, où je viens de passer quelques jours bien intéressants dans le cadre d’une mission d’évaluation d’un dispositif de subvention conditionné à un prêt.

Triplement intéressant donc :

  • Et un, une observation in situ des leviers possibles pour améliorer les financements bancaires et d’institutions de micro finances.
  • Et deux, cette très belle image de la place des Martyrs où, comme en Algérie, la gestion « citoyenne » des déchets, y compris ici des déchets organiques, fait partie intégrante de la révolution.
  • Et trois, les retrouvailles avec les entrepreneurs, citoyens, amis de Beyrouth qui tous espèrent, se battent et vivent une période historique.