Et pendant ce temps, dans le monde merveilleux des start up…

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Ca faisait plaisir de participer la semaine dernière à deux « raouts » typiques de ce que j’ai connu en France dans ma période « start up » et qui m’a un peu manqué, il faut bien le dire, pendant mes 6 années indiennes.

Une genre de bulle, certes, autour de l’entrepreneuriat, déconnecté des réalités quotidiennes qui, pour le coup, m’ont beaucoup plu pendant ces 6 années indiennes. Mais une bulle dynamique, positive, attrayante et bienveillante pour ces milliers de petits jeunes qui se lancent inconsciemment dans un projet d’entreprise.

D’autant plus au Liban, où il est quand même agréable d’être avec 2000 personnes dans une salle à échanger sur le problème majeur de la région… Daesh ? la crise syrienne ? l’absence d’un président depuis plus de 6 mois ? Les scandales alimentaires ? Non… le scandale absolu du moment c’est la vitesse d’Internet. Ca, ca va, ça semble possible à résoudre quand même !

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Enfin, la grande nouvelle au Liban, c’est la Banque Centrale (BDL) qui injecte près de 500 millions de dollar dans l’économie de la connaissance, au travers d’une circulaire (la 331 pour votre information) qui permet aux banques de réinvestir l’équivalent de 3% de leur capital dans des start up. Plus exactement, de prendre jusqu’à 80% du capital d’une start up, avec un exit maximum à 7 ans et un plafond unitaire d’investissement équivalent à 10% du capital de la banque.

Cet investissement est garanti à 75% par la Banque centrale. En retour, la banque centrale et la banque commerciale se partagent les profits.

Les banques peuvent aussi, avec le même mécanisme, investir dans des fonds de capital risque et dans des incubateurs. On sent que l’écosystème bouillonne autour de ça et qu’on risque d’assister à une profusion de nouvelles structures dans les mois à venir. Bien sur c’est limité (500 millions, ce n’est quand même pas énorme, d’autant plus que c’est un montant théorique) voire dangereux (comment les banques peuvent elles assumer la sélection des projets ? c’est un peu fou d’imaginer qu’une banque va pouvoir se retrouver avec 80% du capital d’une start up…)

Mais, quoiqu’il arrive, c’est un mouvement intéressant, qui amène tout le monde à réfléchir à ce qui va autour. Autour avant, c’est à dire la génération d’un deal flow plus conséquent au travers des incubateurs et des accélérateurs. Faut voir, c’est pas toujours là que naissent les meilleurs projets, mais c’est un signe favorable. Autour après, c’est à dire travailler les possibilités d’exit, avec un marché plus liquide. Et autour pendant, c’est à dire ces fameuses infrastructures, internet en particulier, qui ne sont pas à la hauteur des ambitions de l’économie libanaise.

Bref, tout ça est très positif, très excitant, et c’était un peu dommage qu’en dehors de la très bonne Loraine Habib (BlaBla car) sur la scène et du Camping sur le programme, aucun intervenant français ne soit là pour rebondir. L’excellent ambassadeur anglais a fait un tabac avec son hub uk/liban et il y a dans l’année à venir une belle fenêtre d’opportunité pour les coopérations internationales avec le Liban dans la knowledge economy !

L’occasion aussi de revenir sur ce qui fait la force de l’entrepreneuriat libanais. Une diaspora en Afrique, aux Etats Unis, en Amérique du Sud et en Europe (n’oublions pas que les libanais sont 12 millions dehors et 4 millions dedans), une manière de concevoir le business immédiatement globale et multiculturelle, le marché local étant trop petit pour n’importe quel projet et tout le monde parlant au moins 3 langues à la naissance, une résilience évidente, une culture du service et de la créativité, un écosystème finalement assez développé pour soutenir tout ce petit monde et un bon niveau d’éducation supérieure. N’en jetez plus, il y a tout ce qu’il faut pour avancer ! Yallah !

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