Back in Lebanon, Saida ça n’est plus ce que c’était

L’un de mes rêves en arrivant au Liban était de visiter la fameuse « montagne de déchets » de Saida, cette ville de la côté sud connue pour son camp palestinien et son gros million de m3 de déchets accumulé depuis 40 ans sur le bord de mer.

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Construit à l’origine (1982) comme un site destiné à recevoir des débris de construction, il s’est finalement retrouvé débordé par 300 tonnes par jour de déchets municipaux provenant de 250 000 personnes dans 15 municipalités environnantes.

29 000m2 sur 30 mètres de haut, j’avais vu ça à Trichy dans le sud de l’Inde et c’était impressionnant ! La génération du 6e continent, c’est un peu à des sites comme ça qu’on la doit.

Je suis passé plusieurs fois « au large » de la montagne, mais je n’aurais plus l’occasion de la visiter. Il semblerait que le projet de la fermeture du site, conduite par Suez en collaboration avec une entreprise de construction saoudienne (Al Jihad for Commerce and Contracting) soit en bonne voie d’achèvement, pour la coquette somme de 25M USD, qui viennent s’ajouter à la construction d’une digue pour 20 M USD, dans le cadre d’un projet géré par l’UNDP et financé par le ministère de l’environnement et la Walid Bin Talal Foundation.

Une installation gérée par la compagnie privée libanaise IBC sur le site (56 000m2 quand même) reçoit et trie les 300 tonnes quotidiennes de déchets entrants. Elle en traite la fraction organique dans un méthaniseur Passavant Roediger de 160 tonnes jour (c’est là que je voulais en venir !), générant 2,12MW de courant et 2,38MW de chaleur et 43 000 tonnes par an de fertilisant. Tout ça pour USD85 de tipping fee à la tonne.

 

J’ai ouï dire d’un investissement de 30M USD qui me paraît un peu élevé, mais dans ces projets il est très compliqué de faire ses mathématiques. Si vous vous amusez à parcourir les liens qui parlent de la décharge de saida, vous serez surpris de voir qu’aucune source n’indique la même surface de site par exemple !

A lire pour en savoir plus :

* le projet décrit par l’UNDP

* L’Echo Républicain, avec une interview du maire de Saida et qui parle de 650 décharges similaires. Heureusement que le Liban ne compte pas autant de surface de déchets. Une étude de ELARD, il est vrai, a recensé en 2011 environ 700 « dumpsites » recevant un tiers des déchets libanais. Dans leur totalité, ils représentent 5M de m3 de déchets municipaux. ELARD estimait à l’époque que leur réhabilitation coûterait une quarantaine de million de USD.

* Le en général très complet waste management world, qui reprend en l’occurence essentiellement le communiqué de presse de Suez !

 

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