Vers une crise des déchets au Liban ?

On a beau dire, avoir un président et des institutions en mesure de prendre des décisions, ça peut servir. Le Liban le sait bien, qui vit depuis 7 mois sans chef de l’Etat, faute de consensus.

Vu de ma fenêtre, l’une des conséquences de cette difficulté à décider est la situation dans la principale décharge du pays, à Naame (120 000m2 aujourd’hui entièrement remplis par 10M de tonnes enfouies pour 2 300 tonnes reçues chaque jour).  Sukleen, l’opérateur « monopolistique » de cette partie du Liban, a longtemps été accusé de toucher beaucoup  pour faire peu, en particulier ne pas trier, ne pas dégazer, ne pas composter… (c’est une critique assez commune dans cet univers, qui est assez juste quand on compare les USD135 la tonne touchés par Sukleen au reste du Liban, voire de la zone, mais qui reste en dessous des niveaux européens. La Fédération des Villes Moyennes estime par exemple les coûts de collecte moyen à environ USD110 et les coûts de traitement par enfouissement à USD90).

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L’Orient le Jour nous narre aujourd’hui le dernier rebondissement, à savoir un report de l’examen du plan national sur la gestion des déchets, alors que le contrat entre l’Etat et les prestataires de collecte arrive à échéance le 17 janvier (merci Elodie d’avoir pointé l’article !). L’entreprise

Le Daily Star, l’autre « grand quotidien » de langue anglaise celui ci, pointait hier la difficulté principale qui consiste, dans ce petit pays montagneux et déjà couvert d’immeubles, de centrales thermiques et de nuisances variées, à identifier des terrains pour les futures décharges.

Les villes de Barja et Sibline, déjà « polluées » par une usine de traitement du sable et une compagnie électrique, un temps prévus pour accueillir une décharge, ne sont pas très chaud pour l’accepter « in their backyard ».

Dans ce contexte, des plans ont circulé et le ministre de l’environnement, Mohammad Machnouk, est assez optimiste que des solutions d’incinération verront prochainement le jour. A supposer même que la décision soit prise et les capitaux mobilisés, il est difficile de penser qu’elles pourront être installées avant 3 à 4 ans.

Je pense bien sur à nos amis martiens, spécialistes de la méthanisation, qui doivent bien rigoler à voir que personne à ce jour ne considère réellement l’option de s’attaquer à la fois à l’alimentation électrique et à la réduction des déchets organiques dans ce contexte. Plutôt que de batailler avec Israel sur le risque de pomper la nappe de gaz naturel disponible dans les eaux territoriales libanaises, je recommanderai fortement aux responsables du pays de profiter déjà du gaz disponible et à leur portée.

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