Kenya de nouveau en Afrique ?

Hello amis du biogas et des mauvais jeux de mots !

Comme dit dans mon dernier post je reviens un peu perturbé de mon dernier voyage en France, où il semblerait que les annonces de Ségolène Royal aient du mal à se concrétiser en projets concrets. Les acteurs de la méthanisation souffrent, les retours sur les premiers projets ne sont pas toujours aussi bons qu’espérés, tout le monde découvre qu’après tout traiter du déchet c’est pas si simple.

Car, ne nous voilons pas la face. Le gros avantage de la méthanisation sur d’autres sources d’énergie, c’est qu’elle est « alimentée » par une source qui ne s’épuise pas, qui est disponible de jour comme de nuit, qu’il y ait du vent ou pas. Mais son inconvénient, c’est que cette source est difficile à prévoir, qu’elle varie dans le temps, que son « comportement » pour fournir du gaz est difficile à contrôler. Je le répète, à nouveau, de mon point de vue, la magie de la méthanisation c’est la combinaison du traitement local d’un déchet avec la production d’une énergie locale et le retour à la terre.

Heureusement qu’il y a encore quelques petits jeunes pour y croire (j’en parlerai bientôt !) et quelques projets voient le jour ailleurs, en Inde et en Afrique, pour se redonner du coeur à l’ouvrage.

Au Kenya, donc, c’est une compagnie horticole, Vegpro, qui se lance dans l’injection de courant produit par méthanisation sur le grid national.

2,6MW ça commence à faire un projet respectable, de l’ordre de nos gros projets collectifs/territoriaux français, et qui permet d’alimenter 8 000 foyers.

Les substrats, 120 tonnes par jour, sont issus des déchets des cultures, plus simples et plus homogènes, donc plus maîtrisables. Avec 6,5 millions de dollar (ou d’euro, on est quasiment à la parité) d’investissement, la moitié sur financement bancaire, ça nous fait le kw installé à moins de 2 500 euros ! Et ça permet à Biojoule de revendre le courant à 10 cents de USD, un tiers du coût du courant produit par des centrales thermiques.

Bien sur, tout ça demande à être regardé plus dans le détail. Il y a souvent, en marge de l’euphorie de la presse, des subventions cachées, des problématiques techniques, des retards dans les démarrages, qu’il serait dangereux d’ignorer. Mais pourquoi bouder notre plaisir ? Les modèles économiques vertueux de la méthanisation s’écrivent probablement dans ces pays où il fait plus chaud (donc avec moins de contraintes pour l’isolation), où le courant est cher ou inaccessible, les déchets organiques nombreux et le prix du compost élevé. De bons fondamentaux. Ce sont pour l’instant les indiens et les chinois qui semblent l’avoir le mieux compris. Derrière VP Group, qui détient la moitié du capital de Biojoule, se trouve la famille Patel, qui cherche à diversifier ses revenus et diminuer ses coûts d’accès à l’électricité et aux fertilisants. Je cite : “We have a good supply of feedstock from crop waste out of which we plan to open a new business line,” said Johnnie McMillan, the managing director of Tropical Power.

Bien sur, cela dépend aussi de la volonté des Etats, de leurs politiques tarifaires, de leurs infrastructures électriques nationales. Ca reste compliqué, mais y a de l’espoir !

La photo et le texte sont très largement reproduits d’un papier du Business Daily de février 2015

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