Le salaire de l’Uber (ou peut on avoir le beurre et l’argent d’Uber)

Octobre, c’est le retour des grands jeu de mot. Et de l’excitation devant les perspectives infinies qu’offrent à la fois la crise des déchets libanaise et l’ubérisation massive du monde.

C’est pas forcément réjouissant, mais c’est comme ça. Et j’en veux pour preuve une recherche google édifiante. Tapez donc « uber recycling » et vous tomberez sur 2 liens :

  • le premier traite d’une expérience fascinante, qui me laisse penser que après le transport, l’énergie, la banque… l’ubérisation touchera demain un autre secteur mal organisé, peu efficient, aux tarifs peu transparents, celui des déchets. Il est scientifiquement impossible que les gens ne se rendent pas compte à court ou à moyen terme de 2 choses : 1) les déchets dont je me débarrasse ont de la valeur 2) cette valeur ne peut être captée que si ledit déchet est trié, lavé, fermenté, compacté… bref traité et que 3) cette valeur est aujourd’hui partagée entre un émetteur qui trie et un opérateur qui traite et revend. Le contrat entre les parties est en général peu transparent, le prix non négocié et ne correspondant pas à une valeur très claire. Aux states, Rubicon commence à faire bouger les lignes, en se proclamant le « uber of the trash » et en organisant la logistique et la mise en relation entre industriels et recycleurs, méthaniseurs, composteurs… de tout poil.
  • Effet de mode, peut être, mais au Liban tout ça prend tout son sens. Plus que partout ailleurs, personne n’imagine ici payer pour le traitement de son déchet. Surtout après des années de gestion catastrophique de la redevance due à l’opérateur principal. Le fait que Sukleen n’ait fait ni pesée ni facturation claire au service est à mon avis une cause majeure dans la défiance des municipalités et des gens envers l’Etat. Ici plus qu’ailleurs, il faut à la fois militer pour que d’une manière ou d’une autre la logique du pollueur payeur soit transmise et travailler à fluidifier, simplifier, rendre plus économe le tri et le traitement des déchets. Uber s’y est essayé, mais plus pour l’anedcote et la communication qu’autre chose. Et un effet indirect en est que « uber recycling » renvoie à ça avant même que de renvoyer sur Rubicon !

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