Gas de Fes

A défaut d’être lu largement, ce post remportera je l’espère le titre du pire jeu de mot de l’histoire du biogas.

Mais il faut me pardonner, je suis fatigué et déçu. Il y a un mois à peine, le Liban réagissait à la crise des déchets par de belles initiatives citoyennes de compostage, de tri, par un plan politique améliorable mais qui avait le mérite d’exister. L’argent est là, 800 millions de dollar, « bloqués » au niveau central faute d’un accord national mais disponibles, en plus des multiples soutiens de donateurs bi ou multinationaux.

Et patatras, le Liban ne trouve rien de mieux que d’annoncer le projet d’exporter ses déchets… en Afrique. Je mettrai ma main à couper que ça va coûter au bas mot 100 dollar la tonne, cette histoire, ça va transporter la matière organique libanaise en Afrique, sans même parler du doute qu’on peut avoir sur la qualité du traitement. Alors qu’une bonne vieille chaine de tri local permet de traiter à moins de 50 dollar transport compris, crée de l’emploi local, conscientise les usagers, éventuellement crée de la valeur de déchets recyclés, compostés, valorisés en chaleur ou en électricité… Haram !

Alors bien sur je ne peux que me réjouir quand je vois que la ville de Fes, dans sa décharge (contrôlée), qui traite l’équivalent des déchets du sud Liban (un petit millier de tonnes par jour), vient d’installer un méthaniseur qui va lui permettre d’alimenter un tiers de son éclairage public. C’est tellement simple, tellement du bon sens, qu’il est impensable qu’on ait pas déjà 1 ou 2 méthaniseurs au Liban. Enfin, pour être honnête, on en a un, mais qui ne tourne pas encore. Let’s hope for the best (mais c’est pas gagné).

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