La petite prise de…

Ce titre est un hommage non déguisé à nos bons amis Ajorque, qui courageusement, chaque matin produisent du bon vin bio et le marketent avec des jeux de mots dont je suis jaloux, autour du thème de la conscience (la prise de, le cas…). Pour commander, lire et boire c’est sur Mas Conscience – domaine viticole au coeur des Terrasses …

Bon, sinon, plus sérieusement, j’ai assisté ce matin à une conférence entièrement en libanais, organisée par le ministère de l’Industrie, sur la crise des déchets. Un nouveau ministère qui s’intéresse aux déchets, après l’agriculture, pourquoi pas ! Ca ne fera qu’augmenter un peu le cafouillage actuel.

Je n’ai rien compris à ce qui se disait sur scène, mais le compte rendu de cette conférence (http://www.dailystar.com.lb/News/Lebanon-News/2016/Jan-12/331519-lebanese-need-years-to-adapt-to-recycling-industry-minister.ashx) et quelques discussions de couloir m’ont à la fois inquiété et fait réfléchir.

Car, le nouveau thème à la mode c’est l’idée que depuis des années le gouvernement se casse la tête à proposer des plans « raisonnables », « scientifiques » à base d’incinération, de décharges, d’exportation et que des casses bonbons d’activistes, qui ne comprennent rien à rien, font rien qu’à embêter le gouvernement. C’est quand même clair, les libanais ne savent culturellement pas trier, comment demander à un réfugié syrien de composter quand il se bat déjà pour survivre, comment faire du tri sélectif dans un camp palestinien… ?

C’est fort de café, et particulièrement spécieux que devant un tel échec des responsables politiques et des techniciens se dédouanent auprès de quelques citoyens, ONG ou maires dont je doute qu’ils aient le poids pour faire capoter les projets.

Mais le problème c’est qu’ils n’ont peut être pas non plus entièrement tord. Les taux de recyclage en Europe, la difficulté à faire du compost ou du biogas sans un tri efficace à la source, c’est un vrai sujet. Et là, deux visions s’imposent :

  • celle de solutions industrielles, centralisées, « mange tout », qui brulent tous les déchets sans trop discriminer ni se préoccuper des conséquences de long terme, de la faible incitation à trier, du poids financier créé sur les municipalités..
  • celle de solutions locales, sur mesure, plus « sexy » mais parfois mal comprises, qui supposent une forte intervention citoyenne et des politiques publiques incitatives, une vision de long terme

Je ne suis pas sur qu’il y ait vraiment d’entre deux. Les deux prennent du temps. Et les deux supposent un climat politique apaisé pour engager un débat, construire un plan de déchet conciliant les approches. Bref, c’est pas gagné, et me concernant je suis de plus en plus déterminé à prendre du plaisir à promouvoir des solutions locales qui ramènent à la terre les déchets organiques. Mais je ne suis pas prêt pour autant à rejeter en bloc et définitivement les industriels qui sincèrement cherchent des solutions avec de l’impact et des volumes traités vite. Une prise de conscience pas facile, mais un débat passionnant, qui espérons le fera partie des enjeux des prochaines élections municipales… si elles ont lieues.

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