Mille dollar la tonne. L’or noir de demain sera sorti de terre par des vers

2016-01-13 19.17.26

En hommage aux vers de terre gentiment offerts par Monika de l’AUB et qui ont rejoint le vermicomposteur Eco worms de notre appartement hier, j’ai composé un petit texte inspiré d’une très motivante thèse de Sara Moledor sur le vermicompost.

Sara Moledor, donc, une stagiaire de ce fantastique département de la  « Faculty of Agricultural and Food Sciences », qui a diplômé un nombre impressionnant d’activistes et de professionnels de tout poil libanais, a commis en 2014 une très intéressante et rare thèse sur le vermicompost au Liban. Ses conclusions sont impressionnantes et on se demande comment les eisenia foetida, ces petits vers décomposeurs, n’ont pas déjà envahis les ordures ménagères qui trainent encore sur les trottoirs libanais.

Car, tenez vous bien, si l’on prenait en compte tous les services rendus par le vermicompostage (moins de traitement des déchets organiques, amélioration de la qualité des sols, réduction des émissions de CO2…), la valeur d’une tonne de vermicast (c’est comme ça qu’on appelle ce que chient les vers après avoir digéré le déchet) dépasserait les 1 000 dollar. Inutile de préciser qu’à ce jour, aucun projet de vermicompostage n’a vu le jour durablement au Liban, encore moins un projet rentable. Et que la tonne de vermicompost se vend plutôt autour des 20USD aux Etats Unis ! La bonne nouvelle, c’est que le marché n’a pas encore internalisé des coûts qui vont devenir de plus en plus impossible à ne pas regarder en face ; et que les petits malins comme Sara, vous et moi qui s’intéressent à ça aujourd’hui seront les Bill Gates des années à venir !

Je reprends ici quelques uns des propos de Sara, pour ne pas que vous passiez à côté de cette opportunité :

  • Petite définition technique d’abord : le compost, c’est une opération thermophile (les déchets montent en température au delà de 70 degrés), réalisée par des micro organismes ; le vermicompost est un produit stabilisé par des verres de terre, mésophiles (entre 10 et 40 degrés).
  • L’avantage du compostage donc c’est que ça élimine les pathogènes ; l’intérêt du vermicompost c’est que ça favorise une plus grande activité microbienne, qui procure de fait une plus grande qualité biologique dans les sols. Le vermicompostage est aussi plus rapide (décomposition du déchet à 50% en 12 jours au lieu de 64) et produit moins d’odeur (pas d’émission d’azote par volatilisation du NH3). Beaucoup de pratiques enchaînent compostage pendant 9 jours et vermicompostage pendant 2 à 3 mois, pour combiner le meilleur des deux mondes.
  • Bon, sinon, le compost c’est bon pour les sols. Appliqué dans les 10 premiers centimètres, à raison de 2 à 5 tonnes par hectares, ça protège les sols des érosions, des pertes d’humidité, ça équilibre la température. L’application est annuelle et la diffusion lente. Elle est même réduite au fur et à mesure des années. Ca c’est moins bon pour le business que les engrais chimiques dont on a besoin de plus en plus chaque année, mais ça paraît plus vertueux !

Une réponse sur “Mille dollar la tonne. L’or noir de demain sera sorti de terre par des vers”

  1. Merci Cyril pour cet aide mémoire sur le compost ; cet engrais naturel a un bel avenir devant lui ! Et si les vers de terre s’y mettent pour stabiliser le processus c’est encore mieux !

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