Le sol, une batterie solaire ?

Je finis de lire le très bon bouquin des époux Hervé Gruyer, papes de la permaculture en France et héros du film Demain ! Au milieu du livre, une révélation pour le béotien que je suis. Et une raison de plus, sans vouloir paraitre monomaniaque, de croire que l’ubérisation douce de la boucle organique a de beaux jours devant elle.

Car oui, je le reconnais, le sol, il y a à peine un an, c’était surtout quelque chose sur lequel je marchais, de la terre, des cailloux. Ma géologue de femme m’avait bien parlé des couches géologiques, m’avait bien souvent fait arrêter sur la route pour observer, ramasser une roche exceptionnelle, fruit d’une évolution millénaire. Mais ca n’est que peu à peu, lors de mon stage de maitre composteur d’abord, à la fréquentation de permaculteurs et autres fermiers organiques ensuite, que j’ai pris conscience de ce qu’était vraiment le sol.

Et un nouvel aspect s’est dévoilé, donc, à la lecture de l’opuscule des époux Hervé-Gruyer. Le sol serait une batterie solaire. Les engrais sont en quelque sorte une manière de stocker de manière efficace l’énergie solaire et de la mettre à disposition du sol de manière puissante et localisée, mesurée. Le pétrole, de même, n’est rien d’autre que de l’énergie solaire capturée, sur une période longue, et stockée sous forme d’un fluide facile à transporter et à utiliser.

La permaculture ca serait donc l’intelligence de l’homme mise au service du sol, pour travailler avec l’énergie solaire diffuse, mal controlable qui nous tombe dessus tous les jours ; arranger le sol pour qu’il capte efficacement cette énergie, qu’il permette l’alimentation de tout un tas de bebetes, bactéries, vers de terre, l’humus quoi par cette énergie ; qu’il favorise un écosystème qui tourne sur lui même, et évite de piocher dans le stock d’engrais disponible. Une manière de produire beaucoup sur une petite surface, mais en acceptant que ce soit compliqué, long mais de mieux en mieux ; plutôt que beaucoup sur une grande surface, mais en dégradant la qualité des sols, en le surstimulant.

Une comparaison pourrait être l’alimentation d’une maison surchauffée, suréquipée en appareils ménagers, alimentée par une centrale à charbon ; à comparer à une maison qui ne pourrait s’alimenter qu’en panneau solaire, et devrait donc pour ça réduire sa consommation pour que l’énergie disponible dans la batterie ne dépasse pas celle nécessaire à la survie quotidienne ! Une vie plus lente, plus proche des flux naturels disponibles. Qui accepte de prendre le temps avant d’avoir du retour.

Ce qui est intéressant aussi c’est que le compost joue le rôle d’accélérateur et d’apport en énergie. Parce qu’il structure le sol, parceque c’est de l’humus au bout du compte, il apporte au sol non seulement des nutriments (mais en quantité moindre que de l’engrais) mais aussi de la structuration, de la capacité à absorber l’énergie, à faire se développer un écosystème.

J’ai bien conscience d’exprimer très maladroitement ces idées ! Une chose est sure en tout cas, il y a bien une recherche par certains d’une manière de produire beaucoup sur un espace limité, en évitant la mécanisation et la centralisation.

En dehors du site de la ferme du Bec Hellouin, un atlas intéressant à consulter sur le sujet – Atlas Européen de la Biodiversité des Sols – Biodiversité: La vie …

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