En 2019 renouvelons nos énergies

Bonne année à vous tous ! Pour ceux qui ne l’auraient pas reçu, et que ça intéresseraient, vous trouverez sur ce lien et ci dessous mes bons voeux 2019 et un résumé de mon activité 2018 !

En 2017, je nous souhaitais à tous d’accepter de nous planter pour faire germer nos idées et récolter les fruits de nos passions ! 
En 2018, j’espérais que nous arrivions à récolter ceux que l’on (s’) aime.

En cherchant comment poursuivre la métaphore agricolo-entrepreneurialo-impactante pour lancer 2019, je me disais qu’il pourrait être pertinent de renouveler nos énergies !
Après tout, pour relever les enjeux, sortir de sa zone de confort, bâtir des plans sur la comète, bref se renouveler sans perdre le cap, nous avons tous besoin de notre dose d’énergie.

2018 aura marqué pour nous la fin d’un cycle de dix ans passés en expatriation à Pondicherry d’abord, à Beyrouth ensuite. Tels de petits photons bousculés dans le grand accélérateur à particule de la vie (ceux qui connaissent mon nom complet apprécieront cet excellent jeu de mot, que je dois à un extraordinaire entrepreneur de Laval !), nous sommes passés du revigorant et énergisant chaos indien à la douce et belle folie libanaise et nous retrouvons aujourd’hui, par la grâce des mutations professionnelles de Tamara, à Chateau Gontier, en plein coeur d’une Mayenne où de nouvelles énergies nous entourent. L’occasion d’exprimer mon éternelle reconnaissance à mon épouse pour nous embarquer dans ces aventures improbables autant qu’exotiques.J’aurais rechargé en tout cas à plein mes accumulateurs sous le soleil libanais. Au côté d’abord de projets entrepreneuriaux pas toujours très raisonnables, dans l’équipe de Diana et de la fondation Diane. Cela m’aura permis de réinterroger le métier d’investisseur, qui prenait avec Diana son sens plein d’investissement dans une équipe, bien au delà des dollars risqués sur un projet !
Dans le cadre de mes projets personnels ensuite, à Badaro, avec les camarades des Badaro Urban Farmers. Notre marché de producteurs a réellement démarré, a trouvé sa niche écologique, et chaque dimanche matin de janvier à juillet m’a apporté son lot de plaisirs. Cette aventure a représenté l’un des plus beaux accomplissements de ma vie professionnelle. Une étape dans ma pyramide de Maslow, qui est venu me confirmer que décidément, l’acharnement, la force d’un groupe, les évolutions incrémentales, tournées clients, permises par des projets « quick and dirty » ont une valeur réelle. Ce projet continue et se développe.

Au bout du compte, tout ça, c’est une question d’énergie. On prend un territoire, des entrepreneurs, des producteurs ; on y met de l’énergie sous la forme d’argent, de temps, d’intelligence (restons modeste !), de déchets pourquoi pas quand on veut méthaniser… et les choses bougent.
Mon immersion dans la permaculture en 2017 ne m’aura pas conduit à reprendre une ferme mais distille, très lentement mais assez profondément, des alertes et des méthodes. En particulier, ce que j’intègre de plus en plus, c’est que cette énergie étant limitée, autant organiser les choses pour qu’elles profitent de l’énergie disponible de la manière la plus efficace possible plutôt que de « passer en force ».

C’est un peu ça l’art d’entreprendre au fond. Percer là où on est pas attendu, apporter un changement dans son paysage, à des gens qui a priori sont déjà très contents avec ce qu’ils ont, mais avec la conviction qu’on peut changer le monde. Sans énergie, sans prendre le temps, sans l’assurance intime « qu’on va y arriver », il est très difficile de dépasser la puissance des forces négatives qui viennent perturber le voyage entrepreneurial (« tu n’y arriveras pas », « tu as plein de concurrents »…). Mais s’il en apporte trop, trop vite, de manière maladroite, il court le risque de saouler, de passer à côté, d’apparaitre agressif… 
Savoir être présent, visible, aligné sur ses valeurs et son projet ; sans (s’)imposer et agresser. C’est peut être ça l’enjeu nouveau pour les entreprises et les entrepreneurs, la clé pour attirer les talents et les opportunités.

Et c’est particulièrement sensible en Mayenne, un territoire que je commence à découvrir et dans lequel j’apprécie ce qui peut apparaître comme un cliché mais qui me semble malgré tout assez « vrai ». Des projets brillants mais discrets, une attention à faire avant de communiquer et de lever largement des fonds, une forme « d’esprit de bon sens ». Il y a ici de très belles boites familiales, de belles start-up aussi, des fermiers innovants, mais dont on entend peu parler. Je citerai juste la belle initiative de Vincent de son frère Matthieu. Dans leur ferme bio, ils ont auto construit un lieu de vente, invités quelques producteurs proches et monté un projet dans lequel producteurs et clients assurent bénévolement la caisse, la vente et l’animation. Les produits sont bons, de saison, l’ambiance est exactement la même que celle du marché de Badaro ; les innovations marketing arrivent naturellement, sans a coup, mais régulièrement.
 En revenant en France en septembre, nous avons retrouvé une relation quotidienne bienvenue avec nos filles, notre famille et nos amis. Nous avons retrouvé aussi un rythme et des conditions de vie avec un confort et une simplicité que nous avions oublié !

Côté boulot, j’ai retrouvé une « famille » que j’avais un peu perdu de vue, celle de Initiative France. Une famille que Pierre m’avait introduite au début de ce siècle en m’associant à l’aventure de la création de Scientipole Initiative. Une famille qui a beaucoup grandi depuis et qui promeut, en France et à l’étranger, le prêt d’honneur, une intervention financière qui repose sur la confiance en un entrepreneur, qui lui prête de l’argent sans intérêt et sans garantie et qui est l’occasion de regrouper, autour d’une association, d’un comité de crédit, les entrepreneurs, banquiers, collectivités locales, accompagnateurs et financiers du territoire. Et qui, parce qu’il fait le premier pas de la confiance, bataille pour que ce geste fasse levier sur la prise de risque par les banques et accèlère la croissance en entourant les entrepreneurs de parrains bienveillants. Bref, j’ai eu le plaisir de passer un peu de temps à Jendouba, dans l’ouest tunisien, pour aider au montage d’une plate forme de Initiative France. Je serai amené en 2019 à prolonger cette action en Côte d’Ivoire. Merci à Bruno, Anais et Gyl, pour la confiance qu’ils m’accordent. Merci également à Carine, qui dirige la plate forme de Mayenne, et qui aura été d’un très grand secours dans mon introduction en Mayenne.
J’ai également retrouvé Loic, Sophie et mes anciens camarades de l’écosystème parisien d’appui aux start ups dans l’incubateur Smartfood, qui accueille à la fois une start up avec qui je collabore de près (l’Atelier du Miel) et une thésarde brillante pour qui j’ai beaucoup d’affection et d’admiration, Natacha !

Comme tout cordonnier mal chaussée, mon offre n’est pas encore assez clairement formulée, mais je progresse ! J’ai une marque (Arandi) et un site web que ma belle soeur Dominique m’a bien aidé à finaliser ! Autour de mes quatre mots clés Entrepreneuriat, Finance, Impact, International, je navigue entre des prestations, du bénévolat, de la prise de risque… Et je commence à focaliser mon action sur quelques projets !

J’ai également croisé la route de quelques belles start-up en 2018, en particulier celle de Ralph à Paris, la déclinaison française du très bel « Atelier du miel » que j’avais suivi à Beyrouth et qui est aujourd’hui une réussite dans le miel de terroir ; celle de Eric à Angers (Labelverte), qui mène depuis longtemps une démarche sincère et professionnelle de promotion des toilettes sèches et du compostage de proximité ; et le très innovant projet de Fabien à Laval (Seaproven), autour de drones maritimes.
Un projet plus personnel autour de la collecte des biodéchets émerge doucement également. Les enjeux sont énormes, la législation va devenir contraignante, et je continue à prendre comme un combat personnel d’éviter à toute tonne de biodéchet (composé à 80% d’eau rappelons le) un chemin long vers un incinérateur . Reste à trouver le bon « time to market », les bons partenaires et les équilibres économiques ! 
 J’ai eu par ailleurs la chance de rencontrer Walter et Sylvain qui m’ont ouvert les portes du comité du très innovant Openlande à Nantes et m’ont fait rencontrer le projet permaculturel de Marie, tourné vers l’intégration de personnes à handicap. J’ai aussi partagé de bons moments avec André, Thameur et la bande de « FPAM » (Financement Participatif Méditerranée). Bref, de biens belles énergies, auxquelles je rajoute les nombreux responsables et animateurs de fonds et autres incubateurs tournés vers l’impact et l’ESS avec qui j’ai repris contact. Un secteur qui a énormément muri depuis mon départ il y a 10 ans, et que je ne me lasse pas d’explorer !

Enfin, ne soyons pas naïf. Pour circuler, l’énergie a besoin d’un pôle positif, mais aussi d’un pôle négatif. Bon courage donc à tous ceux qui doutent, qui se battent, qui se plantent. C’est certes une condition pour faire germer nos idées et pour renouveler son énergie, mais c’est pas toujours rigolo et je leur adresse donc un salut fraternel supplémentaire !

Bonne année à tous, et faites nous signe. On a de quoi vous accueillir sur Chateau Gontier, je reviens souvent sur Paris et je suis très preneur de vos nouvelles et belles énergies !!

Cyril Rollinde
www.arandi.org
+33 7 81 73 67 98

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