Le combat du « moins »

Je ne suis en général pas un très grand amateur des collapsologues de tout poil. Non pas qu’ils aient fondamentalement tort, mais je n’arrive pas à faire de cette vision un moteur de mon action.

Le MOUVES avait cela dit invité jeudi Aurélien Barraut à ouvrir ses très excitantes universités d’été,. Intéressant déjà qu’un astrophysicien interpelle les « entrepreneurs sociaux ». Une manière de rappeler que les lois de la physique s’imposent aux activités humaines et qu’on n’arrivera pas aussi facilement que ça à faire cohabiter croissance et impact.

Un mot sur ces universités pour commencer. Avec un bel aéropage d’organisations (Finansol, Make Sense, Oxfam, B Corp, l’AVISE, Ashoka, réseau Entreprendre, UDES…), le MOUVES a formé une alliance du doux nom de « nous sommes demain » (https://noussommesdemain.com). Ceux qui comme moi sont plutôt d’hier ne peuvent que regretter notre manque d’ambition et de décomplexion à forger avec plus d’énergie et d’accélération le monde de demain (qui se trouve donc être celui d’aujourd’hui). Et contribuer avec plaisir et gourmandise aux efforts de cette nouvelle génération.

Aurélien Barraut donc… après un exposé assez classique sur le mur dans lequel nous allons à toute vitesse, Aurélien a répondu à l’intéressante question des conseils à donner à l’assemblée de « jeunes entrepreneurs sociaux cools présents dans la salle » (je caricature gentiment !). La réponse est claire et interpellante. Bien sur, et les témoignages des patronnes de Engie ou d’Orange le confirment, les mentalités sont mures. Des grandes boites aux petites PME, des entrepreneurs à impact aux maires récemment élus, l’enjeu de l’impact est dans toutes les têtes et dans beaucoup de business model. Ca change tout et c’est positif. 

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Cluster du mezze libanais local et durable à Toulouse !

Oye Oye, les excellents « Racines du Ciel », cette belle ferme de permaculture libanaise que les lecteurs de ce blog connaissent bien, sont en ce moment près de Toulouse.

Et ils nous proposent d’apprendre à cuisiner libanais. L’occasion de combiner un moment convivial, une dégustation savoureuse et le soutien à un projet hors du commun au Liban ! Je vous fais suivre l’invitation ci-dessous. N’hésitez pas à contacter Joanna de ma part.

Bonjour à tous,
Si vous voulez connaitre tous les secrets de la cuisine libanaise, vous pouvez vous joindre à nous le Samedi 31 Juillet, à partir de 10h au 1475 chemin des Cassagnous, 31870 Lagardelle sur Lèze.Vous apprendrez à preparer du caviar d’aubergine, de la kébbé de patate (purée et boulgour aux épices), de la fatté (pois-chiches au yaourt et aux épices), le célèbre taboulé libanais (salade de persil) et des sfoufs (gateaux à la semoule et fleur d’oranger). Prix de l’atelier : 25 euros par personne, repas compris. Tous les ingredents utilisés sont bio et (dans la mesure du possible) locaux.
Réservation obligatoire, merci de me contacter par mail (joannaparker@hotmail.fr) ou par téléphone (07 66 33 20 83).
La semaine prochaine, j’enverrai le menu pour le dinner du Vendredi 7 Aout. Et en attendant, je propose des mezzes a emporter les mardis soirs dans le cadre de l’association Le Gout des Autres (1200 chemin des Cassagnous, 31870 Lagardelle), jusqu’au 11 Aout compris.
Bonne journée et à bientot j’espere !

Cluster d’honneur

La presse est décidément inspirée en ce moment sur mes 2 thématiques préférées, les biodéchets et le prêt d’honneur !

La semaine dernière c’était Guillaume Pepy, nouveau président d’Initiative France, qui apportait un éclairage intéressant sur le réseau, le prêt d’honneur, ses développements en France et en Afrique et les enjeux qu’ils adressent dans le « monde d’après ».

A écouter sur https://www.france24.com/fr/20200724-guillaume-pepy-il-n-y-a-que-40-de-projets-qui-sont-portés-par-des-femmes

Cluster du biodéchet

On a tendance à trop parler cluster en ce moment quand on évoque la Mayenne. Et pourtant il s’y passe de grandes choses en matière de biodéchets et le projet que nous portons avec Alteravenir est à la une du Courrier de la Mayenne ! Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la planète, n’ayons pas peur des mots. L’article est disponible ici

We are not (anymore) in the shit

Depuis le déconfinement, ça devient difficile de passer un diner en famille sans évoquer la manière dont on peut, à l’échelle individuelle, participer à la lutte pour la transition écologique.

Un thème passionnant, et inspirant. L’incontournable Jancovici précise que la moitié de l’impact des comportements individuels proviendrait d’un changement de régime alimentaire. Dans une moindre mesure, un gros tiers proviendrait d’un plus grand usage du vélo, du covoiturage et de l’arrêt de l’avion. Tout le reste (les LED, le zéro déchet, les vêtements d’occasion…) c’est un peu plus d’un quart de la réduction potentielle !

Interesting, mais attention à l’hyper responsabilisation des gestes indivduels. Carbone 4 estime par exemple que sur les grosso modo 11 tonnes de CO2 que nous émettons tous chaque année en France, une ascèse volontaire permettrait au mieux d’en supprimer 3. Au niveau collectif, si chacun s’acharnait à tout faire pour réduire son impact, on aboutirait à 10% de baisse de l’empreinte carbone.

Guillaume Bazot développait un argumentaire percutant dans les Echos du 4 juin également : « 

Les enjeux écologiques n’ayant pas de frontières, pour être efficace, la décroissance doit être mondiale. Néanmoins, les pays en développement ne semblent pas vouloir sacrifier leur croissance sur l’autel du réchauffement climatique ou de la biodiversité. Comment les en blâmer lorsque l’on sait que le pouvoir d’achat du Français médian est aujourd’hui dix fois plus élevé que celui de son homologue indien ? En acceptant l’idée que les pays pauvres puissent continuer à croître, les pays riches doivent fortement décroître. Suivant cette logique, le seul compromis international possible serait l’égalisation du pouvoir d’achat moyen de tous les pays du globe. Partant de ce principe, faisons le calcul.

D’après les données de la Banque mondiale relatives au revenu national net par habitant en parité de pouvoir d’achat en 2018, une parfaite répartition des revenus entre pays correspond au pouvoir d’achat d’un Français gagnant 1.022 euros par mois avant impôt. Puisque les prévisions de croissance de la population mondiale sont d’environ 30 % d’ici à 2050, le revenu mondial doit décroître d’autant pour compenser cet effet. Ajoutons à cela une décroissance du revenu par habitant de 20 % – baisse insuffisante pour endiguer le réchauffement climatique mais misons sur quelques progrès technologiques – ceci nous amène à 572 euros mensuels avant impôt. Afin de ne pas voir les services publics péricliter, au moins 30 % de ces revenus doivent être alloués à la santé, l’éducation, la justice, la culture, etc. Ainsi, après impôt, le pouvoir d’achat mensuel moyen par personne tomberait à 400 euros. Autrement dit, en faisant l’hypothèse d’une parfaite égalisation des revenus, chaque personne de 20 ans et plus aurait en France un pouvoir d’achat équivalent à 527 euros mensuels aujourd’hui ; soit moins que le RSA socle. »

Si 1/4 de l’effort peut être porté par nos gestes individuels, le reste, donc les 3/4 relèvent du collectif ! et comme un petit schéma vaut mieux qu’un long discours…

https://reporterre.net/Climat-l-action-individuelle-ne-peut-pas-tout
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Les racines du Ciel

Parmi les nouvelles inquiétantes et tristes qui nous parviennent régulièrement du Liban, il reste quelques initiatives de gens courageux, dédiés, inconscients probablement mais attachés à faire exemple par leur action.

Parmi eux, Rahed et Joanna, un couple avec maintenant deux enfants qui raffinnent depuis plusieurs années un magnifique projet agricole et d’habitat à Lessa, au Liban. Un modèle de résilience, de recherche, d’humilité, de paisibilité et de « force tranquille » comme dirait l’autre. C’est avec eux que je me suis éveillé à la permaculture et je dirais même à la culture en général. C’est chez eux que j’ai appris à distinguer une fraise d’une courgette, à ramasser des patates, à essayer de comprendre un modèle économique fait d’échanges avec les clients, d’appel au volontariat pour la production, de formations de jeunes du monde entier, d’insertion de travailleurs… bref un vrai modèle d’économie sociale et solidaire.

Aujourd’hui, pour remonter les chaines de valeur et améliorer leurs processus de production (en particulier leur « amazing » jus de pomme), les Racines du Ciel lance une campagne de financement participatif au Liban. Pour les aider, 2 solutions :

  • aller vite faire un tour sur https://www.zoomaal.com/projects/75187/lesracinesduciellb pour découvrir leur campagne, et la relayer largement si vous vivez ou voyagez au Liban
  • me faire signe, par mail, téléphone… de votre intérêt pour le projet pour que nous vous tenions au courant des projets de création d’une association de soutien à leurs activités en France.

Et pendant ce temps là, chez les « petits » entrepreneurs…

Initiative France, mon réseau « de coeur », publie aujourd’hui les résultats d’une intéressante enquête, réalisée pendant la crise Covid auprès de plus de 9 000 entrepreneurs bénéficiaires d’un prêt d’honneur et d’un accompagnement de l’une des plateformes du réseau.

Les résultats sont intéressants :

  • La crise a été rude, très rude. Plus de la moitié des répondants n’ont pas réalisé 1€ de chiffre d’affaires en avril. Sans surprise, le choc est encore plus dur pour les hôtels et restaurant (les 3/4)
  • Cette baisse de l’activité a un impact très significatif sur la vie quotidienne des entrepreneurs. 6 sur 10 ne sont plus en capacité de se rémunérer (et même 2/3 des femmes cheffes d’entreprises)
  • Par contre, le recours aux aides de l’Etat a été massif. 66% de recours au fonds de solidarité, 52% au report des charges sociales ; un appel au PGE plus ou moins efficace selon les agences (pas selon les réseaux bancaires d’ailleurs, mais selon les agences)
  • Et les comptables (à 85%) comme les réseaux d’accompagnement (à 72%) ont fait preuve d’une présence solide et rassurante.
  • Au final, 60% des entrepreneurs sont optimistes sur l’avenir. Inconscience ? Foi en l’avenir ? Efficacité du soutien moral et financier ? L’avenir le dira. Ou plutôt l’avenir s’écrira de manière un peu plus réjouissante parce que ces dizaines de milliers d’entrepreneurs s’acharnent à conserver la croyance qu’ils peuvent changer le monde, à leur échelle.

Le profil des entrepreneurs bénéficaires est un public qui a souvent été au chômage, qui dirige une « petite » entreprise (les 2/3 font moins de 500K€ de chiffre d’affaires et 9/10 ont moins de 10 salariés). C’est ce qui rend cette étude particulièrement intéressante. Les résultats sur l’optimisme, sur le recours aux aides sont assez proches de ce que l’on observe dans d’autres études sur les start up ou les entrepreneurs. Les 3 hypothèses posées par les résultats de cette étude, et qu’il serait très intéressant de pouvoir analyser plus avant, est que 1) les « petits » entrepreneurs partagent une résilience et une appétence au risque exceptionnelle que 2) l’accompagnement et la diversité du réseau des entrepreneurs est un levier de confiance et de pérennité et que 3) l’apport en fonds propre est une condition de l’autonomie et de la survie des entrepreneurs. Ce sont en tout cas les hypothèses qui fondent l’action d’Initiative.

Plus d’infos dans le Monde du jour (je vous copie l’article ci dessous) et sur BFM TV (très bonne interview de Louis Schweitzer, président du réseau).

Ballade derrière la lean… d’horizon.

« Hey, Joe, je viens de voir ton reverse pitch. Pour éviter de te faire corneriser, mieux vaudrait pivoter et faire bosser tes stakeholders sur ton business canvas pour clarifier ta stratégie de scale. »

Chaque univers a son jargon. Celui de l’innovation et des start up en vaut bien un autre. Pour avoir baigné dedans et en être en partie sorti, j’en mesure bien la limite et d’une certaine façon la suffisance ! Mais je tenais quand même à profiter du confinement (pardon, du lock down) pour revisiter un certain nombre de méthodologies d’inspiration américaine (pour caricaturer !) qui permettent a minima de questionner ma pratique dans l’appui au développement d’une part, dans l’entrepreneuriat social d’autre part.

Je parlerai un peu plus tard, quand je l’aurai exploré plus profondément, les méthodos très intéressantes proposées par l’excellent incubateur The Family. A travers anyonecanscale, la proposition est de mettre à disposition de « petits » entrepreneurs, pas forcément « technos », des outils du monde de la start up pour optimiser leur conquête commerciale, leur montée en gamme, leur « scale ». De plus en plus de réseaux d’accompagnement se sont enfin débarassés du lourdingue business plan pour privilégier le business canvas mais trop souvent sans l’utiliser comme d’un outil support à des démarches agiles, itératives. J’arrête là, j’y reviendrai plus tard.

Je parle dans ce post de deux approches que j’ai particulièrement creusé : le « Market System Development » au travers d’un MOOC du cabinet anglais Dev Learn et le « Lean Impact » à partir de la lecture du bon bouquin de Ann Mei Chang et de son TED (à écouter ici).

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Nourritures intelligentes

Il y a des jours où je regrette que la brillante chercheuse en CIFRE dans l’incubateur « Smart Food » de Paris&co se trouve être aussi ma fille, parce que certains douteront peut être que je relaie ce passionnant post qu’elle a co-rédigé exclusivement pour sa qualité d’analyse des « r »évolutions en cours dans les chaînes de valeurs de l’alimentation et dans les pistes que certaines et certains explorent.

Découverte au passage de l’intéressant modèle de Vépluche, qui combine livraisons de legumes frais à domicile et collecte des biodéchets.

https://smartfood.parisandco.paris/A-la-une/Tendances-Food-Innovation/Crise-sanitaire-R-evolution-chez-les-petites-entreprises-et-associations-de-la-chaine-alimentaire

Déchet, ton univers impitoyable…

Le papier de Charlez Dauzet sur son expérience d’entrepreneur dans l’économie circulaire fait un gros buzz en ce moment. https://www.linkedin.com/pulse/la-désillusion-dune-start-up-de-léconomie-circulaire-charles-dauzet/

C’est très intéressant et ça vient éclairer en quoi il n’est pas si facile de concilier environnement et économie. Mais en quoi c’est indispensable.

J’en profite pour annoncer que nous avons lancé nos premiers tests de collecte des biodéchets en Mayenne. Ce projet est porté par Alteravenir, une entreprise d’insertion qui construit patiemment, depuis des années, son modèle, qu’il fait reposer sur 3 sources de création de valeur : la création d’emploi d’insertion, l’impact environnemental et la rentabilité économique. Un modèle de développement frugal et intelligent.

Je copie ci dessous mon commentaire au papier de Charles Dauzet qui résume ma pensée sur ce sujet !

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