Ouane, tou, tri, viva l’Algérie !

Et voilà, depuis une semaine je suis à Alger, pour une mission qui va durer jusqu’à septembre et qui vise la promotion de l’économie sociale et solidaire et l’entrepreneuriat social en Algérie, dans le cadre d’un projet de l’Union Européenne. Challenging, et l’occasion d’une intéressante plongée dans l’ESS de l’autre côté de la Méditerannée !

La filière permaculturelle jouant à plein, Warda m’avait mis en relation avec Adila, l’une des cofondatrices d’une très belle initiative algérienne, Tobra (ca veut dire sol fertile !). Je ne vais pas vous faire l’article, il suffit de visiter leur site (http://agroecologie-algerie.org) pour mesurer l’innovation et la portée de leur initiative. AMAP animée par une quarantaine de consommateurs volontaires qui tour à tour reçoivent les légumes de leurs maraichers préférés, préparent les paniers et distribuent ; mise en place de potagers urbains donnant lieu au meilleur jeu de mot du pays : les Pot’Alger ! Formation scolaire et de fermiers à l’agroécologie… En pleine période de la CAN, ce sont eux les vrais champions du monde.

Bref, tout cela me rappelait pas mal de belles choses vécues au Liban. Et quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que Adila revenait d’un voyage d’étude organisé par Terre et Humanisme, qui l’a amené à parler graines et grelinette avec ce que le Liban fait de mieux en la matière. Hébergé par les incontournables Buzurna Juzurna, supporté par les amazing Soils, dans l’esprit des Racines du Ciel, de Bassatin Baanoub…

Je crois que ce que j’aime avant tout dans ces histoires, plus peut être je dois le reconnaitre que la santé des sols, c’est l’organisation humaine qu’il y a derrière. C’est ce qui me plait aussi quand je siège au réseau des Biocoop de Mayenne, ou que je fais mon tour de bénévolat (rare !) au Local… L’idée que les consommateurs s’impliquent dans la vente, dans la gouvernance, dans la production. Que les frontières s’estompent. Ca a été la grande percée de l’ESS, pour revenir à ma mission ! Cette réflexion sur la place et l’organisation des hommes et des femmes qui entourent un projet économique, leur capacité à agir et à contrôler,. En précisant bien sur que l’ESS n’a pas le monopole du « coeur », qu’elle connait son lot de dérives et que ce type de belles relations existe, dans une large mesure, dans l’affreux monde capitaliste quand les boites sont bien gérées et les patrons sensibles (si si ça existe, je vous jure). Mais qu’elle a eu l’intelligence de s’attaquer au défi de clarifier et organiser ce concept.

De la puissance de l’horizontalité

Il m’est déjà arrivé d’écrire sur ce blog à propos du « financement des foules », autrement nommé « crowdfunding ». L’idée en est séduisante. Les méchantes banques ne faisant rien qu’à étrangler les entreprises et surtout ne voulant prendre aucun risque, les gentils entrepreneurs se retrouvent avec de beaux projets mais pas de sous. L’intelligence collective des foules, la répartition du risque sur de tous petits montants auprès de milliers de particuliers, dont l’aggrégation est rendue possible par Internet apporterait un soutien nouveau et bienvenu aux projets innovants en France et partout dans le monde.

J’y crois, j’adore, c’est horizontal…. c’est clairement l’avenir.

Mais voilà, j’ai un copain fou à Nantes et qui, comme tous les fous est aussi génial et pertinent ! Il s’est amusé à micro-prêter à… 500 (oui, cinq cent) projets sur 2 plate formes depuis plusieurs années. Résultat des courses : 2% de rendement. Et encore, avant la fin de la période de remboursement. Vous me direz, c’est toujours mieux qu’un placement de « père de famille » et les micro-prêteurs ne font pas la course au rendement. Mais tout de même, ca révèle un hic dans le modèle économique de ces plate formes, bien relevé par https://bfmbusiness.bfmtv.com/france/crowdlending-les-vraies-raisons-d-un-echec-1555771.html.

De fait, ce n’est pas par méchanceté que les banques avancent prudemment. Je ne connais que 2 manières de vivre du prêt d’argent. Prêter beaucoup à peu de gens, en les sélectionnant. Ou prêter peu à énormément de gens, en mettant en place des process durs et systématique (ce que fait la microfinance). Dernière solution : accepter de ne pas assez gagner (voir de ne rien gagner en prêtant à 0%, mon dada !) et trouver des subventions d’équilibre qui prennent en charge le « surtravail » d’accompagnement et la montée en charge de ces outils. C’est peut être pas le plus idiot !

La limite des outils de crowdlending aujourd’hui c’est leur relative faiblesse d’encours (moins de 10 million d’euros en cumulé sur 2018 pour toutes les plateformes françaises, c’est moins qu’une agence bancaire), un taux à la fois trop cher pour des emprunteurs et peu motivant pour des épargnants et finalement une forte sélectivité des projets qui consomme du capital humain !

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain tout de même. Ce papier oublie quelques paramètres. La croissance exponentielle du crowdfunding d’abord, qui dans ses applications Nord/Sud ne sera bientôt pas loin d’égaler le montant de l’Aide Publique au Développement. La rupture dans l’approche de l’instruction des projets. Aujourd’hui, ce sont soit des « experts » dans des « comités » soit des algorithmes (ou des procédures : combien l’entrepreneur a t-il déjà épargné ; quel est son « score » ?…) qui évaluent le risque. Avec le crowdfunding, c’est l’agrégation d’une foultitude d’avis qui peuvent mettre en avant un couple rendement/risque nouveau, avec une prime donné au local, à l’impact, ou à n’importe quoi d’autre d’ailleurs.

Jeune pousse un jour, jeune pousse toujours

Un des trucs que j’aime dans le « geste » entrepreneurial, c’est cette opportunité que ça offre de rencontrer un tas de gens très différents, mais tous en général très bienveillants et très engagés, à leur manière et sur leur périmètre. 

Je me rends compte à nouveau de ça dans mon projet « du moment », la collecte des biodéchets des professionnels en Mayenne. Un projet ambitieux s’il en est, typiquement dépendant d’un time to market très difficile à estimer, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il répond à un besoin à la fois environnemental et de marché mais assez complexe à traduire en chiffre d’affaires et en marge !

Ce projet a pu démarrer grâce à quelqu’un dont on s’attend à ce qu’il soit exceptionnel, un dirigeant d’entreprise d’insertion qui collecte déjà des déchets tertiaires diffus (carton, papier…), bien implantée sur Laval, qui combine son engagement social à un grand sens du développement entrepreneurial et de l’analyse des opportunités et des acteurs sur un territoire. Comme ce « patron » est quelqu’un de bien, il est évidemment entouré de plein de gens formidables dans son conseil d’administration. L’un d’entre eux s’est pris au jeu des biodéchets, a une longue vie dans l’administration territoriale et donne sans compter de son temps, de ses visions et de ses contacts pour faire avancer une étude de faisabilité.

Jusque là, rien de plus normal après tout. On est en plein dans une démarche d’effectuation comme je les aime. On part d’une idée, d’une vision, on rencontre, on batit au fur et à mesure des retours… On voit plus ou moins ce qu’on est prêt à perdre les uns et les autres et on prie très fort pour qu’un projet naisse !

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Effectuation, la suite

Suite ce soir de mes lectures sur l’effectuation, avec les 5 principes clés selon Sara Saraswati.

Le premier principe, le plus beau, consiste à passer d’une approche cause à une approche d’effectuation. Autrement dit, de passer d’un mode « je me fixe un objectif et je recherche les ressources nécessaires pour l’atteindre, en les planifiant » à un mode « j’identifie mes ressources disponibles et ensuite je vois ce que je peux en faire dans un processus itératif ». Plus imagé, pour préparer un diner je peux soit prévoir de faire un roti de boeur, aller acheter le roti chez le boucher, les champignons chez le maraicher, prévoir de rentrer à 18 heures pour le laisser cuire… soit ouvrir le frigo, voir ce que j’ai dedans et improviser une recette.

Ca, c’est vraiment ce que j’adore dans cette méthode. Car tout entrepreneur dispose au démarrage d’au moins 3 ressources : sa personnalité, ses connaissances (techniques, sociales…) et son réseau de gens qu’il connaît. Partir de ça pour batir un projet, c’est beau et tellement plus stimulant que de pitcher un business plan présentant la « unique selling proposition » pour résoudre un  grave « client pain ».

C’est exactement ce que je me retrouve à faire quand mon épouse nous offre le luxe de débarquer dans de nouveaux pays, de nouveaux contextes, tous les 5 ans en moyenne !

Deuxième principe, celui de la perte acceptable. Très très puissant également. On est tous d’accord, l’entrepreneur dépense aujourd’hui des coûts qu’il peut estimer, pour toucher demain un revenu qui n’est qu’hypothétique. L’arbitrage que fait l’entrepreneur serait moin lié à son espérance de revenu futur, même actualisé, qu’à son évaluation des fonds qu’il est prêt à perdre raisonnablement avant de décider s’il poursuit ou pas. Ce peut être un montant d’indemnité de licenciement qu’il est prêt à perdre, une phase pendant laquelle il conserve des missions de consultant, un niveau d’épargne en dessous duquel il ne descendra pas… Pour être tout à fait honnête, c’est un formidable moyen d’aider à déclencher un acte entrepreneurial mais force m’est de reconnaître que les meilleurs entrepreneurs que j’ai vu avaient une perte acceptable nettement en dessous de la moyenne parce qu’ils accordaient une valeur très importante à leur vision et fondaient beaucoup d’espoir sur leur revenu (en capital) futur. 

Cela explique aussi que les comportements entrepreneuriaux varient avec l’âge. On a surement pas la même idée de la perte acceptable à 20 ans qu’à 50.

Troisième principe, celui du patchwork. Le processus entrepreneurial est avant tout social et repose sur un engagement de plus en plus large des partenaires. C’est un processus itératif : je vais au contact, j’ai des engagements de ces contacts, j’améliore mon plan, j’élargis ma base de partenaires. Au final, je coconstruis une offre avec mes premiers clients. A condition d’être accompagné et orienté vers une finalité « business », c’est un principe très séduisant, qui laisse le temps, évite le « rêve » d’une solution toute faite et légitime les démarches d’incubation. Pour reprendre l’exemple du frigo, je n’ai pas besoin de savoir dès aujourd’hui faire les meilleurs soufflés au monde pour ouvrir mon restaurant. Je commence par faire une omelette avec les œufs que j’ai. J’invite 1, 2, 3, 10 copains pour me donner leur avis, la faire évoluer. Je finis par faire une omelette tellement parfaite qu’elle tape dans l’œil d’un bon pote qui me présente au chef cuistot du quartier, qui me prend comme stagiaire. J’y apprends à faire d’autres plats, je développe mon réseau et acquiers de nouvelles compétences et vient un moment où je deviens expert. C’est un éloge à la ténacité et au réalisme. Avec le nécessaire « coup de pied au cul/amibtion » pour avancer juste ce qu’il faut de plus pour se mettre un peu en danger sans se brûler.

Le 4eprincipe est qualifié de « limonade » et est décrit ainsi : si on t’envoie des citrons, fabrique de la limonade. Autrement dit, on ne pourra jamais éviter les surprises, rien ne sert de s’en protéger. Autant les recherchers et d’avancer en s’appuyant dessus. 

5eet dernier principe, on ne découvre pas l’avenir, on le crée. L’avenir n’est pas déterminé à priori, il est créé par les actions de l’entrepreneur. Celui-ci serait celui qui met fin à une tendance du secteur, qui fait changer de logiques. Il faudrait de ce point de vue se méfier parfois des experts (là encore moi le premier) qui ont par déformation la crainte de ce qui ne « colle » pas aux invariants du secteur tels qu’ils les connaissent.

Well, de biens beaux principes, très séduisants. Certainement pas adaptés à une « élite » entrepreneuriale capable et habitué à prendre des risques importants, sur-performant dans la capacité à développer une vision et à entraîner la terre entière autour de cette vision.

Mais une série d’outils et de principes très utiles à toutes celles et tous ceux qui oeuvrent au quotidien pour démocratiser, décomplexifier, démythifier l’entrepreneuriat.

Et un intéressant rappel à la réalité, à articuler avec des pratiques plus conventionnelles.

Effectuation

Je reviens à ce blog après plusieurs semaines d’absence, immergé que j’étais dans la découverte de mon nouvel univers de travail, un pied en Afrique et un pied en Mayenne.

Et j’y reviens avec un post sur un thème qui m’est cher, une méthode qui en fait guide ma pratique depuis une vingtaine d’années mais à laquelle je n’avais pas donné de nom. D’autres, plus malins, en ont fait une théorie et l’ont appelé du joli sobriquet de « effectuation ». C’est à Marc Chakhtoura, brillant animateur d’une plate forme d’Initiative à Nice, que je dois la découverte de la vidéo de Dominique Vian, disponible sur https://youtu.be/6Vs4ZqDT2NU.

Le mieux est bien sur de la regarder et de lire les nombreux bouquins qui remettent en cause une vision « classique » de l’entrepreneuriat, mais dans mon souci d’évangélisation, et parce que pour ceux que ça intéresse, ça permettra aussi de se rendre compte que finalement mes manières d’agir sont assez communes et rationnelles, je résume le propos.

Tout d’abord, 5 mythe de l’entrepreneur qu’il s’agit de démonter. D’autant plus important qu’ils sont souvent des freins à la prise de risque initial.

Premier mythe, pour être entrepreneur il faudrait une vision. Ce mythe est démenti par les innombrables succès dus à des accidents, aux multiples pivots que savent réaliser les entrepreneurs en herbe. J’ai souvent du mal avec l’insistance qu’ont les jeunes entrepreneurs à vouloir très vite écrire un vision/mission statement. Certes, il reste important de garder un œil sur l’endroit où on veut aller et mener les troupes, mais au départ, la croyance en soi, à sa capacité à changer le monde, à une vague manière de le faire, suffit pour se lancer.

Deuxièmement, les entrepreneurs auraient une moindre aversion pour le risque, ils aiment le risque. Non, clament les effectuationnistes, les entrepreneurs cherchent à contrôler le risque. Là je suis moins d’accord. Il y a quand même un profil de personnalité qui, au moment de prendre son risque ou pas, « y va » ou « n’y va pas ».

Troisièmement, un etnrepreneur fait des prévisions. Que neni, il ne prévoit pas l’avenir, il le construit. C’est un thème qui m’est cher et je dois dire que même si la compréhension de son univers, de ses clients, de ses partenaires, fait partie du kit de survie, la capacité à au minimum croire que l’on peut changer, construire le monde, plutôt que rechercher une hypothétique solution idéale à un problème repéré est une condition de l’acharnement entrepreneurial.

Quatrièmement, tous les entrepreneurs ne sont pas des super héros. Il y a une grande diversité d’entrepreneurs. Et je rajouterai que l’entrepreneuriat est un état d’esprit avant d’être un statut juridique. Je connais des tas de fonctionnaires plus entrepreneurs que des consultants indépendants (moi le premier !) ou des jeunes boites qui se rémunèrent sur les aides publiques ou les fonds privés qu’ils parviennent à lever avant de dégager le moindre euro de chiffre d’affaires.

Enfin, la solitude de l’entrepreneur. Même pas vrai pour les effectuationistes, qui décrivent un entrepreneur «  qui se connecte ». Pas faux, mais tout de même, pas sur non plus que ces connexions lèvent la solitude au moment de la prise de décision.

Bref, un joli effort de démontage du mythe de l’entrepreneur visionnaire, super héros, seul et preneur de risque, tellement rare et innaccessible qu’il inhibe le passage à l’action. Mon impression est quand même qu’à un moment ou à un autre de leur parcours, les entrepreneurs vont avoir à prendre le risque, à faire accepter leur vision, vont se retrouver seul et vont devoir planifier efficacement leur action, mais il est utile de se dire qu’ils vont l’apprendre en marchant, qu’on ne nait pas forcément entrepreneur. Que ce n’est pas forcément la tasse de thé de tout le monde mais qu’il serait dommage de ne pas profiter du climat très propice et très protecteur des jeunes pousses en France pour tenter l’aventure !

A suivre : les 5 principes fondateurs… !

Hey G1 (prononcez June)

Pour une raison que j’ignore, je me suis pris d’une passion fin 2018 pour la blockchain. Pas tellement pour le bitcoin, qui en est une des applications, mais bien pour cette technologie qui, telle que je la comprends, permet de sécuriser des transactions et fournir un support, une « base » à des applications décentralisées qui peuvent s’affranchir d’un « animateur » ou d’un « agrégateur » central. Un peu comme si, parce que vous avez entièrement confiance dans le système, vous pouviez vous connecter directement à des chauffeurs ou à des loueurs d’appartement plutôt que de redistribuer de la valeur à Uber ou à Airbnb. Ca peut conduire comme au meilleur, mais ça ouvre en tout cas de nouveaux horizons de créativité pour « disrupter le monde » comme on dit dans la start up nation !!

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Terre ouverte

L’émission de Carnets de Fête (France Culture) sur Open Lande c’est comme le bouillon une veille de réveillon : apaisant, rassurant, à écouter avec plaisir et sans modération.

Pour ceux qui auraient oublié, Open Lande c’est cette expérience nantaise improbable qui « fabrique des projets évolutionnaires » ! Difficile à décrire, j’ai la chance de le vivre en tant que membre du jury et qu’accompagnateur d’un beau projet qui mélange permaculture et handicap.

A écouter sur https://lnkd.in/gbS2UGe

 

Au Garot

Chaque année qui passe nous rapproche de 2025, cette année qui est pour les gazdeshisteurs ce que l’année 0 devait être pour les premiers chrétiens.

Et qui pourtant ne semble pas inquiéter plus que ça les élus, restaurateurs particuliers… qui vont tous, oui tous (nous simples quidam compris), avoir l’obligation de trier leurs déchets organiques à la source dans maintenant 6 ans. Trier à la source ça veut dire aussi que les collectivités procurent à leurs administrés des voies d’évacuation vers le compostage ou la méthanisation.

Dores et déjà, depuis 2 ans, on devient un « gros » émetteurs à partir de 10 tonnes de déchet organique produit par an (on en était à 12 fois plus il y a 10 ans). Les moyennes surfaces, les grands restaurants, quelques EHPAD… sont concernés. Quelques activistes font appel à des services comme la Tricyclerie à Nantes, ou Label Verte à Angers pour composter en pied d’immeuble, d’autres compostent dans leur cour d’école… Les (très) gros émetteurs sont déjà collectés et connectés à des filières d’évacuation. Entre les deux, pas grand chose hors de Paris (ou des pure players comme Moulinot et Love Your Waste imaginent des solutions efficaces). Et donc un joli marché à fort potentiel mais encore désorganisé, donc des opportunités. Ce qui est encore aujourd’hui une démarche essentiellement de communication va devenir une règle dans pas si longtemps que ça (une mandature municipale en fait).

Comme dans l’énergie, comme dans tout ce qui touche l’environnement, mieux vaut d’abord réduire avant de mieux utiliser. Et alors figurez vous que coup de bol… c’est en Mayenne que tout a démarré. Enfin, pour être tout à fait précis, c’est au député de la Mayenne, Guillaume Garot, que l’on doit un rapport qui fait autorité et qu’il faut lire pour comprendre l’ampleur du gaspillage alimentaire (grosso modo, une famille de 4 personnes « jette » chaque année le poids de son chef de famille, si l’on prend comme base 20kg de gaspillage alimentaire par an et par personne ; et même 140kg par an et par personne si l’on considère l’ensemble de la chaîne alimentaire) et les mesure à prendre pour le limiter. A lire sur rapport-gaspillage-alimentaire_cle0ea927.pdf | Alim’agriagriculture.gouv.fr/file/rapport-gaspillage-alimentairecle0ea927pdf et à méditer avant de faire ses courses pour le réveillon !

 

 

A Fontaine Daniel…

Il y a des lieux comme ça…. Après le marché de Badaro, après Au Local à Aze, j’ai découvert la semaine dernière un petit lieu comme je les aime ! A Fontaine Daniel, au coeur d’une région industrielle du Nord Mayenne, surplomblant un petit lac, la très dynamique Honorine a regroupé les forces vives du territoire et occupé assemblé en un seul lieu une librairie, un café, un primeur et une épicerie étonnamment bien achalandée. Le projet est rentable après 3 ans, il est organisé en SCIC (pour les non initiés, une genre de SCOP qui associe à son capital non seulement les salariés mais aussi les collectivités, les clients…). Un projet comme la Mayenne sait en produire, moins « buzz et communicants » qu’à Paris mais hyper efficace et sincère, qui transpire de belles valeurs et où on se sent bien. Un lieu « chaud » ! A découvrir sur  https://www.facebook.com/pages/category/Shopping—Retail/LEpicerie-de-Fontaine-Daniel-169300510100413/