Grosse légume rie

Ce titre n’est pas un hommage à la grosse légume Ghosn qui rirait bien qui rirait le dernier !

Mais à ma visite à la Légumerie 53. Une très belle structure qui mélange insertion, alimentation et agriculture en Mayenne.

Au passage, cette visite se déroulait dans le cadre de ce nouveau format qui semble séduire les initiatives pionnières, submergées de gens plus ou moins intéressés souhaitant les rencontrer, les visiter, s’inspirer. Leur bonne idée c’est de transformer des centaines de visites pendant lesquelles ils transfèrent leur expertise gratuitement et pendant ce temps n’ont plus le temps de produire ; en des demi journées organisées pendant lesquelles ils réunissent les gens intéressés, une fois par mois par exemple, leur font un bon déjeuner, une visite des installations et monétisent l’ensemble (35 euros hier). Très bon modèle, c’est très légitime de payer l’expertise accumulée et transmise, et ça permet aussi de rencontrer dans le public des gens qui partagent des projets proches. Hier par exemple, des responsables de cantines scolaires, un patron de jardin de cocagne, un responsable de fonds d’impact, une jeune acheteuse de Carrefour dégoutée qui voulait redonner du sens à sa vie… Tout ce petit monde pensant à monter des légumeries dans la Sarthe, en Ile de France, dans le sud de la France… ! Pour mes lecteurs fidèles, c’était aussi le modèle de La Tricyclerie et je recommande vraiment ce format à ceux d’entre vous qui avaient de belles idées et l’envie de les répliquer.

Pour en revenir à la légumerie 53, les plus pressés peuvent consulter la page facebook (https://www.facebook.com/La-légumerie-53-1648236002057229/timeline/, en se rappelant qu’ils sont meilleures dans la production que dans la communication en ligne).

De mon côté, quelques « lessons learned » :

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Racines du Ciel

Yallah habibi amaziiiing incroyable ! Je découvre par hasard que le Commerce du Levant, meilleur magazine de business libanais du monde, met en valeur ce mois ci Rahed, le permaculteur libanais de l’impossible, qui a fait mon bonheur pendant 2 ans sur le marché de Badaro, dans sa ferme de Lessa… a consulter urgemment sur 1:26Au Liban, le défi des modes de culture alternatifs ne serait ce que pour le petit cours de grelinette dans la séquence d’introduction !!

Les chats ne font pas des chiens…

C’est bien connu, les chats ne font pas des chiens, et je suis vraiment très heureux que ma fille Natacha ait hérité de son père ce sens de la synthèse, cet amour de la formule, cette capacité d’analyse et de recherche, cette précision dans la manipulation des idées… Et comme elle tient à présent une rubrique dans la newsletter de Paris&Co dans le cadre de sa thèse sur un thème qui ne me laisse pas indifférent, je vous recommande, en toute objectivité, la lecture de son billet sur http://incubateurs.parisandco.com/Actualites/A-la-une/Une-doctorante-a-Paris-Co.

Les mains dans les vers ou bullshit le retour

Les cordonniers étant en général les plus mal chaussés, j’ai toujours autant de mal à expliquer ce que je fais et surtout en quoi consiste mon business model !

Mais de fait, le premier trimestre mayennais est plein d’excitation, de voyages, de projets et de fun. Est ce que je vais sauver le monde et devenir riche avec ça ? Pas sur, mais j’ai rarement vu des projets échouer quand ils évoluaient dans leur zone de swag, soit la case en haut à droite de la matrice « je sais plus ou moins faire »/ »l’objectif est plus ou moins coton à atteindre ». Donc, je ne m’inquiète pas !

Pourquoi je vous raconte ça ? Parce que je sors d’un intéressant cycle bullshit/fullshit, qui n’a rien de désobligeant pour personne. Full shit en début de semaine avec l’excellent Eric de la très belle boite de compostage de proximité du Maine et Loire, Label Verte. Des gars qui prennent leur pied à tremper leurs mains dans des caisses en bois remplis des restes d’assiettes des gens et de vers de terre.

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Les foules en délire à Dakar

Hello les zamis. Ne manquez pas cette semaine le forum du crowdfunding en Afrique, co organisé par Jokolabs et FPAM.

Le crowdfunding c’est une belle manière de soutenir en direct des projets auxquels on croit, un outil de rapprochement de l’entrepreneur et du citoyen, de l’usager.

J’y participerai en tant qu’animateur d’une table ronde sur le beau sujet du crowdfunding et des énergies renouvelables. Avec l’ami Thomas Samuel, de SUNNA, Michel Kalusynski de Wiseed, Secou Sarr d’ENDA, Alex Coster de Baobab Plus, André Coly de Innovent.

A suivre et à faire suivre sur https://mailchi.mp/0888920b8a9d/forum-du-crowdfunding-en-afrique-15-novembre-1487309?e=1bc1b962ca

 

 

Teasing

Nous évoquions récemment avec une jeune chercheuse formidable les différences d’approche, de rythme et de langage entre les entrepreneurs et les chercheurs.

Il faut de tout pour faire un monde, et il n’est pas impossible de penser que la soif d’action, de vitesse, de raccourcis indispensables pour créer de la percussion dans un monde en mouvement gagne à l’échange avec un positionnement plus rigoureux, méthodique, en recul, qui a besoin d’un temps long pour analyser, comprendre, écouter.

Les méthodes ne sont pas si éloignées, et les fondamentaux très proches. Il s’agit dans tous les cas de comprendre un « terrain » (ou un marché) pour contribuer à le changer en y apportant des éléments nouveaux (un produit, un service, des connaissances…).

Le rythme par contre diffère. Le délicieux frisson entrepreneurial consiste de mon point de vue à se dire qu’il est impossible (ou trop long, ce qui revient au même quand il faut générer tous les mois un revenu) de comprendre le monde sans le « tester », sans lui apporter avant qu’il ait rien demandé, ce qu’on pense lui être utile.

La remarquable attitude de la recherche consiste, telle que je la comprends, à au contraire prendre le temps, avec précaution et empathie, d’interroger, observer, écouter, avant d’agir.

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Jendouba

Eh bien ça y est, me voilà de nouveau à Orly Sud, en route pour la Tunisie cette fois. Et pour une bien belle mission, l’appui à la création d’une plate forme d’initiative locale lancée par les forces vives de Jendouba, dans l’ouest tunisien.

Vu du prisme très particulier de Initiative France, il y a en Tunisie une belle ébullition qui voit fleurir des initiatives de ce type sur 5 ou 6 territoires. Et qui rappelle la dynamique de ce réseau en France il y a une trentaine d’années. C’est dans cette « famille » que j’ai vécu mes premières expériences professionnelles et il m’a fallu 10 ans d’expatriation pour me rendre compte que c’était là que j’avais acquis mes valeurs et mes compétences. Le sentiment qu’il était possible de combiner une dynamique territoriale, regroupant élus, entrepreneurs, expert… autour d’un fonds de prêt d’honneur et d’un soutien bienveillant aux jeunes entreprises ; et un réseau structuré de 230 plate formes, partageant pour aller vite une charte et des procédures (et des grandes gueules il faut bien le reconnaître !).

C’est donc avec grand plaisir mais étrangement avec aussi un certain regret de quitter pour quelques jours notre nouvelle terre d’accueil mayennaise, que je m’envole !

CRESS qu’il faut pas faire pour se ressourcer

Les commerçants ont les CCI, les artisans les chambres de métier, eh bien les associations, coopératives et autres entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire ont eux aussi leur chambre, assez pertinemment nommée Chambre Régionale de l’Economie Sociale et Solidaire et acronymisé du doux sigle CRESS.

La CRESS des Pays de la Loire organisait cette semaine une rencontre sur le thème de l’économie circulaire. Globalement très intéressant, et pour une fois un lieu de rencontre, la Ressourcerie des Biscottes (à découvrir sur http://ressourceriedesbiscottes.fr), qui faisait plus de sens que les sempiternelles salles froides d’hotels.

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Les plate formes, pour lutter contre les formes plates… !

Vous ne comprenez pas ce titre. Rassurez vous, moi non plus, mais je trouve que c’est poétique et joli.

Un petit hommage à Walter et son équipe d’Open Lande (https://openlande.co), une fabrique de projets évolutionnaires très sympathiques et ambitieuse, qui est en train de construire un lieu et une communauté pas banale au large de Nantes. Leur comité de sélection hier favorisait avec talent l’histoire et l’intuition. Le conte et les résultats plutôt que le compte de résultat, le bit plutôt que l’EBIT.

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Grosse légume

C’est bien connu, dans les circuits courts, dans l’alternatif, dans l’implication citoyenne, le grand problème c’est l’échelle (c’est pour ça d’ailleurs qu’on parle de courte échelle).

C’est très impactant, souvent très motivant et finalement assez simple de mobiliser quelques épargnants sur un territoire pour former un club d’épargne local, de se regrouper autour d’un village pour acheter à une dizaine de producteurs bio… c’est plus compliqué quand on veut passer à l’échelle et dupliquer le modèle au niveau national ou continental.

Plusieurs approches sont possibles. Essaimer de petites expériences locales qui fonctionnent, les coordonner au niveau d’une tête de réseau qui devient parfois (souvent ?) pléthorique et qui a pour mission de coordonner en souplesse des initiatives locales réunies par un cahier des charges, une charte. C’est ce que tente mon réseau chouchou Initiative France dans la finance de proximité ; ce qu’essaye aussi Invitation à la Ferme.

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