Naame, le grand dégazage. Suite et fin ?

Comme avec Alexandre le mois dernier, j’ouvre ici ce blog à Elodie, qui me supporte sur le fond comme sur la forme depuis maintenant 6 mois. Qu’elle en soit ici grandement remerciée, d’autant plus qu’elle rend compte ci dessous d’une émission récemment diffusée et qui traite du biogas sur décharge au Liban !

Une petite bouffée d’optimisme (même si l’effet d’annonce est probable et qu’il est prudent d’attendre de voir les turbines tourner pour se réjouir !) après une semaine passée en France dans un contexte « difficile » pour l’industrie de la méthanisation.

Anyway, la parole est à Elodie…

Le gouvernement libanais a décidé d’exploiter le biogaz produit spontanément par la plus grande décharge à ciel ouvert du Liban. D’ici six mois, le gaz émanant de la dégradation naturelle des déchets déversés depuis une dizaine d’années à Naamé, alimentera en électricité les communes alentours gratuitement pendant 15 ans.

Continuer la lecture de « Naame, le grand dégazage. Suite et fin ? »

Toilets first, temples later

Les excréments humains sont assez peu méthanogènes. Mais dans ma grande ouverture d’esprit, j’ai décidé de ne pas abandonner leur étude. D’autant plus qu’Alexandre Fekete, un jeune professionnel passionné, qui connaît bien ce sujet et vit à Beyrouth, m’a proposé d’être le premier contributeur extérieur à publier sur gazdeshit.com.

Je lui laisse la parole ci dessous (sans censure, mais du coup bien sur ses propos n’engagent que lui !). Et reviendrai probablement sur le sujet en fin de semaine après avoir visité en Inde le roi de la toilette, l’entreprise sulabh. Et comme le dit notre vénéré premier ministre indien, « toilets first, temples later ».

Alexandre, à toi la parole… Et on commence à s’attaquer au sujet côté collecte et gisement.

Continuer la lecture de « Toilets first, temples later »

Un bel hommage du Monde

Ces derniers jours sont à marquer d’une pierre blanche. Le 6 février, le Monde lançait un discret hommage à ce blog, en évoquant dans ses colonnes la décharge de Naamé. Après avoir rappelé quelques dures vérités (une décharge de 200 000m2 pleine à ras bord, qui aurait du fermer il y a 13 ans, mais qui continue à recevoir 2 800 tonnes de déchets par jour, et entraîne problèmes respiratoires, visuels et olfactifs à la population environnante), le quotidien national évoque le plan national de gestion des déchets adopté le 12 janvier dernier. Ce plan prévoit la fermeture de Naamé en juillet prochain, après avoir divisé le pays en 6 zones de traitement des ordures, et mis le focus sur le tri et la production d’énergie. Et un commentaire pertinent du très bon Dominique Salameh, « Si chaque région est munie d’un incinérateur, la tentation va être grande de le rentabiliser, et donc, de diminuer le tri à la source ».

Continuer la lecture de « Un bel hommage du Monde »

Vaches a hublot

Vous avez toujours rêvé de voir comment fonctionnait un méthaniseur, d’en ouvrir le « capot » et de vous glisser à l’intérieur.

J’ai deux solutions pour vous, inspirées par une discussion avec les ingénieux élèves de première du Collège Protestant Français de Beyrouth, qui ont choisi la méthanisation comme sujet de Travaux Pratiques Encadrés.

Tout d’abord, une petite expérience que je vous invite tous à réaliser dans votre cuisine, avant de mettre en place votre compost d’immeuble ou de vous procurer un petit méthaniseur portable. Là encore, ça vient d’un TPE d’élèves de première, en France cette fois ci. Marrant de voir quand même que la métha devient en thème « à la mode » dans les lycées ! Sur Beyrouth, les élèves du Grand Lycée étudient eux aussi le potentiel en biogas des déchets de cantine.

Et ensuite, surtout, les incroyables vaches à hublot, dont l’estomac fonctionne finalement comme un bon vieux méthaniseur. Pas de technologie embarquée, mais le même résultat au bout du compte. A voir (mais pas après avoir mangé) ici. A compléter par cette initiative argentine originale pour récupérer le gaz de vache « à la source »

Signaux faibles. Y aurait il du gas dans l’eau ?

Le repérage des signaux faibles est un sport pratiqué par tous les stratèges du monde. Il est peut être trop tard pour les stratèges du biogas, maintenant que la presse généraliste se met à commenter de plus en plus régulièrement les atouts et les enjeux de cette technologie séduisante.

Non pas que ça rende ladite technologie plus rentable pour autant, mais au moins ça provoque des vocations, ça éduque les décideurs et ça amène tout un chacun à réfléchir aux limites et au potentiel du biogas dans le monde !

Dernier papier en date, celui de l’Express, http://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/le-biogaz-bouscule-le-modele-de-grdf_1645216.html, qui n’hésite pas à comparer la méthanisation à un « tour de magie » ! Un tour de magie assez ancien tout de même, puisqu’il est question ici de la méthanisation des boues de station d’épuration de Strasbourg par Suez (1,6M de m3 de gas produit qui alimenteront 5 000 logements basse consommation ou 1 500 véhicules propres). Suez propose une petite vidéo pédagogique sur ce procédé sur son site.

images

Biovalsan, pose de la première pierre, sur le site de Strasbourgphoto.com

Toujours difficile de savoir comment ces chiffres « magiques » sont calculés, mais toujours est il que l’application sur boues de STEP est l’une des plus matures dans la méthanisation en France. On estime à une soixantaine les stations équipées (sur 19 000 stations en France), la plupart de plus de 50 000 équivalent habitants (54 sur les 62). Chaque année, on estime que ce sont 350 000 tonnes de boues qui sont traitées. Les prévisions de notre vénéré ministère ne prévoient qu’une très faible croissance de cette application, et estime qu’au mieux 80 unités seraient équipées en 2020. Une croissance bien moindre que les projets à la ferme ou les projects collectifs.

Pour revenir au très bon papier de l’Express, j’aime beaucoup l’approche. L’idée c’est qu’en 2020, le biogas pourrait représenter 5% du gas dans les réseaux (une estimation de GrDF, c’est pas moi qui le dit !), et jusqu’à 50% en 2050 (ça c’est l’ADEME). Et depuis juin 2014, le biogas issu des boues de STEP a « droit d’entrée » sur les réseaux de gas. Ca ne représente pas qu’une évolution technique. Aucun doute, Suez ou Veolia sont capables de maîtriser la construction et l’opération d’un digesteur ! Mais plutôt un enjeu de métier et de « coeur de compétence stratégique ». Car la méthanisation, c’est avant tout un travail sur la « recette » en entrée, et donc la sécurisation des flux de déchet, la discussion et la mise autour de la table des agriculteurs, industriels et autres producteurs de déchets. C’est aussi un enjeu d’évacuation des digestats, et donc là aussi de discussion avec les agriculteurs. C’est ce qui fait la beauté (et la complexité !) d’un projet de méthaniseur.

L’article conclut avec un risque évident, celui de créer des substrats pour le simple plaisir (enfin plutôt pour le complexe intérêt économique lié aux tarifs de rachat) de générer du gas. Il illustre ce risque par la ferme des 1000 vaches. J’ai déjà eu l’occasion d’écrire là dessus. Quand je vois la taille des fermes en Inde ou au Moyen Orient, je ne dis pas que c’est un modèle de société, mais tout de même, je ne suis pas du caractère scandaleux autant qu’on l’a dit sur cette ferme.

Pour en savoir plus sur le projet de Strasbourg, utile de consulter le site du projet – http://biovalsan.eu/biovalsan/les-actualites/100-parution-du-cadre-reglementaire-francais-du-biomethane-issu-de-step-permettant-le-deblocage-du-projet.html

La gestion de l’eau dans une perspective islamique

Le blog Ecomena fait preuve d’un grand dynamisme en ce moment. Plus que moi en tout cas, qui suit un peu pris par pas mal de boulots et missions en cours (et un peu par la saison de ski qui a démarré au Liban, je dois le reconnaître !).

Enfin, pour faire du piggy back sur le dos des petits copains qui publient des choses intéressantes, je vous recommande la lecture de http://www.ecomena.org/iwrm-islamic-perspective/

Odeh Rashed Al-Jayyousi y présente une analyse de la perspective islamique sur le Integrated Water Resource Management. Après la finance islamique, est ce que le biogas islamique va devenir la future tendance hype du moment ?

Plus sérieusement, pour revenir aux (re-)sources, l’Islam enseigne que si l’Univers a été créé par Dieu, cela n’empêhce pas de croire dans des explications rationnelles et pragmatiques de la science (tout ça, c’est surtout une traduction du papier, qui n’engage que son auteur !). L’Islam enseigne aussi que « tout ce qui est créé vient de l’eau ».

La relation entre l’Homme et la Nature est basé sur l’harmonie, toutes les créateurs obeissant aux lois de Dieu. Cette recherche d’harmonie doit conduire à une vie responsable, équilibrée et bonne. Il y aurait une notion de « Zohd » qui reviendrait à recommender un impact sur terre et une empreinte écologique aussi fabile que possible.

L’allocation prioritaire des ressources en eau devrait être d’étancher la soif (Haqo Al Shafa).

Concernant les eaux usées, quel que soit leur état de propreté, l’eau a une valeur et peut être utilisé pour différents usages.

Le Council of Leading Islamic Scholars (CLIS) d’Arabie Saoudite a émis une fawa qui postule que (je laisse en anglais pour ne pas risquer de trahir la pensée du conseil) :

« Impure waste water can be considered as pure water and similar to the original pure water, if its treatment using advanced technical procedures is capable of removing impurities with regards to taste, colour and smell, as witenessed by honest, specialized and knowledgeable experts. Then it can be used to remove body impurities and for purifying, even for drinking. »

J’ai quand même bien l’impression que le biogas est tout à fait compatible avec la culture islamique, ce qui est la bonne nouvelle du jour.

J’attends réactions et commentaires avec intérêt sur ce sujet.

Nan mais. Quelles solutions à Naameh ?

Le nombre de lecteurs et d’abonnés augmente furieusement, et comporte dorénavant de vrais professionnels et professionnelles de la méthanisation. Après mes premiers 15 billets « galop d’essai », va maintenant s’agir de plus dire trop de bêtises ! Enfin, j’attends de toute manière avec intérêt les commentaires et critiques.

Je reprends ici un papier intéressant du Daily Star qui, une fois n’est pas coutume, traite de la crise des déchets au Liban en page 3. Même si la crise est générale, le focus du moment se porte sur Beyrouth et la décharge de Naameh, opérée par un opérateur monopolistique depuis 20 ans, Sukleen/Sukomi, une filiale du groupe Averda, qui traite 25 000 tonnes par jour dans 14 villes et 8 pays (dans le golfe à Abu Dhabi, aux UAE, au Koweit, à Oman et au Qatar et plus récemment au Maroc, en Ireland et à Luanda), créée en 1968 au Liban.

Le contrat qui lie Sukleen au gouvernement libanais a mainte fois été critiqué, le tipping fee de 130USD par tonne (3 fois supérieur à celui de Amman en Jordanie et à comparer aux 20 USD du Caire) consommant plus de 40% du fonds de développement des municipalités (le « Independent Municipal Funds ») et grevant donc le soutien à d’autres projets ; et ne semblant pas conduire à un traitement de qualité, en particulier en matière de tri et des émissions de gaz à Naameh.

Les politiques ont une nouvelle fois reporté la fermeture du site géré par Sukleen et le contrat de collecte et de traitement, qui devaient prendre fin le 17 janvier. Les riverains menacent de bloquer le site, provoquant comme fin 2014 un amoncellement des ordures à Beyrouth et au Mont Liban. Verra t-on dans les 3 mois apparaître un appel d’offre transparent pour la collecte et le traitement ? Des solutions innovantes ?

Welcome, Bill !

Avant d’évoquer dans ce post un « grand » et fameux entrepreneur convaincu lui aussi qu’il serait dommage de passer à côté de la transformation de la « shit » en « gaz », je voudrais ici saluer Saly, une jeune entrepreneuse que j’ai été rencontré hier à Tripoli. En plus d’animer le club des entrepreneurs tripolitains, Saly est la co créatrice de Greenways, une entreprise qui trie, tous les jours, 6 tonnes de déchets lui provenant de petites municipalités, d’écoles, de restaurants des environs, dans une petite installation proche du port. S’il y a bien une chose que je sais faire, c’est reconnaître un entrepreneur quand j’en ai un en face de moi, et apprécier cette impression d’évidence, de force tranquille, de confiance dans sa vision, de focus dans son exécution, de clarté dans sa proposition de valeur. Leur site ne rend pas hommage à cette ambition (mais j’ai remarqué que la qualité des sites web était souvent inversement proportionnelle, au moins au démarrage, à la puissance de l’exécution), mais vous pouvez prolonger la lecture sur https://www.facebook.com/GreenwaysLB).

On la croit (ou en tout cas on a envie de la croire et de la suivre !) quand elle assure qu’elle va décupler son installation, multiplier les acheteurs, faire évoluer son modèle pour dépasser le simple tipping fee qu’elle perçoit aujourd’hui. Et pour ce faire… s’intéresse à la méthanisation. Elle est pas belle la vie ? Et peut être plus encore que la veille au rassemblement pour Charlie, sans vouloir tout mélanger, l’impression que contre les pesanteurs politiques (pour info, le parlement libanais a aujourd’hui prolongé de 6 mois la durée de vie de la décharge de Nahme et le contrat avec Sukleen, contre toutes les annonces de ces derniers mois) et les risques, ces entrepreneurs ne sont peut être pas la solution, mais qu’ils éclairent le présent et l’avenir !

Unknown

Image tirée du site du concours de business plan Maurice Fadel, dont Greenways est lauréat en 2012

Enfin, allez, back to the big fishes. J’avais déjà croisé la fondation Bill et Melinda Gates dans la méthanisation en Inde, dans le cadre de leur soutien à MAILHEM. Des gens de goût, puisque « The Gates Foundation appreciates Mailhem for our rare balance of research rigour, market drive and enthusiasm for converting waste liabilities to value ».

Aujourd’hui, cette même fondation fait naître un vent d’espoir pour les amoureux du gasdeshit (cf par exemple la note de Bill sur son blog), puisqu’elle soutient Janicki dans le développement de son « Omni Process » une unité low cost transformant 12m3 de « human waste » par jour en 10 800 litres d’eau potable en la chauffant à plus de 1000 degrés d’une part et 150kW d’énergie d’autre part. Le tout sur 120m2. Les 20% de biomasse qui constitue les excrêments humains sont utilisés pour faire fonctionner l’unité de stérilisation. En 2016, un modèle plus puissant devrait permettre de couvrir un périmêtre de 100 000 habitants (92m3 traités par jour, 86 000 litres produits et 300kW de puissance installée). Rien de bien nouveau sous le soleil, techniquement au moins, la plupart des stations d’épuration étant déjà souvent associées à des méthaniseurs qui transforment leurs boues en énergie pour l’alimentation de l’installation. Mais si vraiment Janicki Bio Energies est parvenu à produire un pilote low cost, fiable, constructible en Inde et en Afrique, et que Bill met son talent et ses moyens au service de sa promotion, on touche à quelque chose d’intéressant ! Un premier pilote doit arriver à Dakar en février (l’ONAS, qui testera le projet sur des boues de vidange, estime le coût complet d’installation à 1M de USD), suite à quoi des entrepreneurs locaux devraient s’y intéresser et l’adapter. Ce qui m’inquiète un peu c’est que le site web de Janicki Bio Energies est un modèle à mettre entre les mains de tous les business developer du monde. Problème illustré et clair (40% de la population mondiale n’a pas accès à des infrastructures sanitaires adaptées, 700 000 morts de diarrhée par an),  solution évidente et abordable, envie d’en savoir plus… Bon, je triche un peu parce qu’il n’y a en fait pas de processus de méthanisation impliqué dans le omni process, mais un usage de la vapeur générée par le chauffage des effluents.

Oh man

J’ai bien conscience de la futilité de publier des informations sur la situation des déchets à Oman dans le contexte dramatique du moment. Mais bon, faut bien se raccrocher à des fondamentaux en ces moments de doute, et la crise syrienne ou irakienne ne m’a pas empêché de poster en 2014 et je me (re) lance donc pour 2015. 20150104_092954

Une très jolie photo prise par moi même au Wadi Jizzi, avec du joli plastique à l’entrée du joli wadi

A propos de futilité, j’ai été étonné pendant ces vacances à Oman du « succès » de post relatifs à des bronzettes, des plages, du camping, comparé à la popularité somme toute limitée de mes posts sur le biogaz, pourtant technologie promis à révolutionner le monde comme vous le savez ! Je tente aujourd’hui un exercice qui fera date sur la psychologie des foules en parlant d’un même pays (Oman), vu du point de vue des déchets, après avoir consacré mes 15 jours de vacances à n’en parler que du point de vue des petits poissons et des jolis wadis ! Car oui, si Oman a de jolis poissons et de grands wadis, et que son dirigeant, Qaboos bin Said al Said, a une réputation de sultan libéral et écolo, il détient aussi, comme ses voisins, des records de kilo de déchets émis par habitants. Plus de 1.2kg par jour, et par habitant soit quasiment 2 millions de tonnes de déchets par an pour les 3,9 millions d’habitants (une toute petite fraction toutefois des 150 millions de tonnes produites chaque année au moyen orient, et moins que les UAE, l’Arabie Saoudite, le Koweit ou Bahrein qui rentrent dans le top 10 des pays émetteurs), composés à plus de 40% de matériaux recyclables. La vision des déchets dans les wadi confirme la statistique, une tonne de déchet sur cinq, c’est du plastique. Heureusement que l’Inde en est à moins de la moitié, ça poserait de sérieux problème de collecte. Collecte qui, justement, n’est que très imparfaitement assuré à Oman également. Côté traitement, le site d’Al Amerat, construit en 2011 sur 9 hectares, comprend 5 cellules pour traiter 10 million de m3 de déchets. C’est un site « modèle », avec traitement de lixiviats et tout le tintouin, qui devrait être répliqué dans 13 autres emplacements et peu à peu remplacer les 350 dumpsites gérés aujourd’hui par les municipalités. Tout ça est très bien décrit par Salman Zafar dans le très bon blog d’ECOMENA. Côté méthanisation, pas grand chose à se mettre sous la dent aujourd’hui. Mais un grand espoir avec ce projet de « méga-poultry » à 200M d’euros. Ca va en faire de la fiente à méthaniser, même si ces projets de fermes géantes, que ce soit en Arabie Saoudite ou dans les Etats du Golfe, sont toujours assez impressionnants. Et peut être un espoir que la baisse du prix du pétrole invite Oman et ses voisins à s’intéresser davantage à d’autres types d’énergie disponibles dans leurs poubelles.

Vers une crise des déchets au Liban ?

On a beau dire, avoir un président et des institutions en mesure de prendre des décisions, ça peut servir. Le Liban le sait bien, qui vit depuis 7 mois sans chef de l’Etat, faute de consensus.

Vu de ma fenêtre, l’une des conséquences de cette difficulté à décider est la situation dans la principale décharge du pays, à Naame (120 000m2 aujourd’hui entièrement remplis par 10M de tonnes enfouies pour 2 300 tonnes reçues chaque jour).  Sukleen, l’opérateur « monopolistique » de cette partie du Liban, a longtemps été accusé de toucher beaucoup  pour faire peu, en particulier ne pas trier, ne pas dégazer, ne pas composter… (c’est une critique assez commune dans cet univers, qui est assez juste quand on compare les USD135 la tonne touchés par Sukleen au reste du Liban, voire de la zone, mais qui reste en dessous des niveaux européens. La Fédération des Villes Moyennes estime par exemple les coûts de collecte moyen à environ USD110 et les coûts de traitement par enfouissement à USD90).

373974_img650x420_img650x420_crop

L’Orient le Jour nous narre aujourd’hui le dernier rebondissement, à savoir un report de l’examen du plan national sur la gestion des déchets, alors que le contrat entre l’Etat et les prestataires de collecte arrive à échéance le 17 janvier (merci Elodie d’avoir pointé l’article !). L’entreprise

Le Daily Star, l’autre « grand quotidien » de langue anglaise celui ci, pointait hier la difficulté principale qui consiste, dans ce petit pays montagneux et déjà couvert d’immeubles, de centrales thermiques et de nuisances variées, à identifier des terrains pour les futures décharges.

Les villes de Barja et Sibline, déjà « polluées » par une usine de traitement du sable et une compagnie électrique, un temps prévus pour accueillir une décharge, ne sont pas très chaud pour l’accepter « in their backyard ».

Dans ce contexte, des plans ont circulé et le ministre de l’environnement, Mohammad Machnouk, est assez optimiste que des solutions d’incinération verront prochainement le jour. A supposer même que la décision soit prise et les capitaux mobilisés, il est difficile de penser qu’elles pourront être installées avant 3 à 4 ans.

Je pense bien sur à nos amis martiens, spécialistes de la méthanisation, qui doivent bien rigoler à voir que personne à ce jour ne considère réellement l’option de s’attaquer à la fois à l’alimentation électrique et à la réduction des déchets organiques dans ce contexte. Plutôt que de batailler avec Israel sur le risque de pomper la nappe de gaz naturel disponible dans les eaux territoriales libanaises, je recommanderai fortement aux responsables du pays de profiter déjà du gaz disponible et à leur portée.